Les élus de Saint-Léonard siégeront comme indépendants
Rejoint par téléphone peu après l’annonce, M. Perri rappelle les raisons de la démission des candidats restants. « Historiquement, chaque fois qu’un maire démissionne, le parti disparaît peu après. On ne pourra jamais continuer dans ces circonstances », exprime-t-il, faisant référence aux nombreuses allégations de corruption et de collusion entendues à la commission Charbonneau. « Ma décision était prise depuis longtemps, avoue-t-il. C’était difficile de continuer, on ne peut pas changer l’opinion publique. Pour la population, on était tous dans le même bateau. »
Pour l’instant, il siégera donc comme conseiller indépendant au conseil. Il se joindrait à une autre équipe, si son leader avait la même vision que lui de Montréal, et particulièrement des fusions. « Ça nous prend un maire qui comprend que les ex-villes ont le goût de rester des ex-villes. Si les gens de Saint-Léonard avaient la possibilité de dé-fusionner, ils le voudraient sûrement. Les gens veulent des services de proximité, garder la personnalité de l’arrondissement, continuer de vivre comme avant le plus possible. Le prochain maire doit comprendre l’historique. »
« Je suis contre la centralisation, parce ça devient impersonnel, on perd le contrôle, poursuit-il. Tout ce qu’on a entendu à la commission Charbonneau est arrivé après les fusions. »
Avec Denis Coderre?
Une chose est sûre pour le conseiller : aucun des trois chefs en place n’a ce qu’il faut pour recruter M. Perri. Louise Harel de Vision Montréal? « Jamais elle! C’est l’architecte des fusions! » Richard Bergeron de Projet Montréal? « Il n’est pas réaliste, mais pas du tout. » Le maire Michael Appelbaum? « Il vient de Côte-des-Neiges et il ne comprend pas la mentalité d’une ex-ville, c’est un centralisateur ».
Dans le communiqué qu’il a émis immédiatement après l’annonce de la dissolution de son parti, il critique l’administration actuelle de Montréal. « Depuis le départ de Gérald Tremblay, la Ville de Montréal fonctionne sans progresser. Je n’ai jamais vu autant d’ingérence d’un gouvernement dans les affaires de la métropole comme celle du gouvernement du [Parti québécois]. (…) Notre autonomie est affaiblie. Montréal vit une espèce de tutelle implicite sans que le maire par intérim s’y oppose. »
Est-ce que le député fédéral Denis Coderre a ce qu’il faut pour être maire? « Il semble être une personne ouverte, mais pour l’instant, je ne veux pas trop m’avancer. Une étape à la fois. »
Futur maire d’arrondissement?
M. Perri se représentera encore comme conseiller de ville, à moins que le maire Michel Bissonnet de Saint-Léonard ne quitte son poste.
« Je ne sais pas si M. Bissonnet restera ou pas. S’il se présente, je l’appuie. Sinon, on verra. Ça va prendre un maire. »
Les autres élus de Saint-Léonard seront vraisemblablement, eux aussi, indépendants. Vers 16 h jeudi, le maire d’arrondissement, Michel Bissonnet, et ses conseillers Lili-Anne Tremblay, Robert L. Zambito et Mario Battista n’avaient pas fait de communications officielles.