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Maisons d’horreurs à l’année longue

Infestations de vermines, installations électriques défectueuses et moisissures sur les murs, non ce n’est pas un décor d’Halloween, mais plutôt le quotidien de plusieurs locataires qui doivent composer avec différents problèmes d’insalubrité. Pour dénoncer la situation, le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) a organisé une Journée des horreurs pour demander au gouvernement et à la Ville de Montréal d’agir afin que les propriétaires concernés apportent les correctifs nécessaires.

Dès 11 h, le RCLALQ a donné rendez-vous aux citoyens et aux médias au domaine Renaissance, ce grand complexe immobilier de 21 bâtiments situés au coin des boulevards Viau et Robert dans l’arrondissement de Saint-Léonard, qui est visé par le plan d’action sur la salubrité des logements de la Ville-centre.

Par la suite, le groupe qui réunissait une cinquantaine de manifestants’est dirigé à Montréal-Nord pour aller déposer une lettre au bureau de Gilles Deguire, membre du comité exécutif de la Ville de Montréal, responsable de l’habitation et du logement social de la Ville de Montréal et maire de l’arrondissement de Montréal-Nord.

« Derrière ces problèmes, il y a des gens, des familles qui doivent quotidiennement vivre dans des conditions inacceptables. Ça ne peut pas continuer », mentionne France Émond du RCLALQ.

« Malgré l’intervention de la Ville pour faire des travaux correctifs sur les immeubles, les propriétaires ne les ont toujours pas réalisés. Aucune mesure de suivi n’est prévue pour s’assurer de la salubrité des logements », déplore-t-elle.

Afin d’illustrer la situation, les manifestants ont fabriqué une maison hantée décorée par des photos et objets qui montrent les conditions dans lesquelles vivent certains locataires.

« Nous avons voulu présenter les quatre gros problèmes auxquels font face des milliers de résidents : le mauvais entretien des infrastructures, l’insalubrité, les problèmes de chauffage et les infestations de vermines », indique Sylvie Dalpé, de l’organisme Action Dignité de Saint-Léonard.

Le domaine Renaissance

Dans l’arrondissement de Saint-Léonard, le domaine Renaissance est le reflèt de cette dure réalité depuis déjà quelques années.

« Il y a plus de 1100 personnes qui vivent dans les 336 logements du domaine et qui encore aujourd’hui sont aux prises avec ce type de problèmes », proteste Mme Dalpé.

Elle rappelle qu’en 2008, une équipe d’inspecteurs de la Ville de Montréal avait émis 3576 avis de non-conformité au propriétaire de l’époque.

« En 2010, la direction de la santé publique est intervenue. Des médecins ont fait la tournée des immeubles pour procéder à une enquête épidémiologique, raconte Mme Daplé.

« Un bilan a été produit et il montre que plusieurs locataires présentaient des problèmes de santé causés par l’insalubrité. »

À la suite de recommandation de la direction de la santé publique, la Ville de Montréal a envoyé des équipes d’exterminateur afin d’éliminer les punaises de lits.

« Malheureusement, la ville n’a pas complètement terminé l’extermination. Quelques mois plus tard, le propriétaire a vendu ses actions au groupe Mach, qui a maintenant le mandat de développer le domaine », souligne Mme Dalpé.

Elle regrette que, deux ans plus tard, on se retrouve encore avec les mêmes problèmes, dont certains n’ont jamais été réglés.

Mme Daplé s’est jointe au RCLALQ pour demander au gouvernement d’avoir tout d’abord un code du logement provincial.

Selon le recensement de 2006, au Québec, 112 755 logements locatifs nécessitaient des réparations majeures et 328 365 autres nécessitaient des réparations mineures.

Parallèlement à cette manifestation, d’autres locataires s’étaient rassemblés à Valleyfield, Laval, Trois-Rivières et Québec.

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