Un lieu de culte interdit
Le CIB est un centre communautaire qui offre des « services à vocation religieuse, éducative, sociale et culturelle aux membres de la communauté musulmane et à toute personne qui désire connaître ou approfondir ses connaissances de la religion islamique », indique-t-on sur le site Internet de l’organisation.
De par son offre de service, le CIB cherche à « défendre et à promouvoir les intérêts de la communauté arabo-musulmane et des résidents de l’est de Montréal; de dénoncer les pratiques de ségrégation raciale et ethnique – notamment en matière d’emploi –; ainsi que de mettre en valeur l’image de l’islam et de corriger les stéréotypes et les images déformées colportées de manière généralisante, subjective et arbitraire par certaines sphères médiatiques », précise l’organisation sur sa plateforme web.
Lorsque l’on consulte la programmation des activités, on constate que celles-ci sont réparties en trois volets, soit religieux, social et éducatif. Elles vont de la conciliation familiale à la célébration de fêtes religieuses, en passant par la tenue de prières et de sermons hebdomadaires.
Règlement de zonage
Là où le bât blesse, c’est que le règlement de zonage en vigueur interdit la présence de lieux de culte en bordure du boulevard Langelier, et par le fait même, d’activités à vocation religieuse.
« Le zonage actuel permet d’utiliser un local pour des fins d’enseignement ou pour une vocation administrative. On ne peut pas tenir de cérémonies religieuses à cet endroit-là », a indiqué Marie-Michèle Daoust, chargée de communication à l’arrondissement Saint-Léonard, qui souligne par le fait même que le CIB est répertorié comme étant un « organisme » et non un lieu de culte.
Alors que les activités religieuses sont proscrites, celles d’enseignement de la religion sont permises.
Or, lorsque le Progrès de Saint-Léonard a communiqué avec le CIB, le directeur exécutif de l’établissement, Walid Ayadi, a fait référence au centre en utilisant le mot « mosquée », qui, par définition, désigne le lieu de culte des musulmans.
À la suite de visites d’inspecteurs de l’arrondissement de Saint-Léonard, trois constats d’infraction au règlement de zonage, qui interdit la présence de lieux de culte, ont été émis contre le CIB, au cours de la dernière année.
Durant la même période, une plainte a été formulée par un citoyen au bureau Accès Saint-Léonard, en lien avec « la sécurité des piétons et des automobilistes à cet endroit », a laissé savoir Mme Daoust.
Selon elle, le CIB a l’intention de contester les amendes. L’affaire suit présentement son cours dans le système judiciaire.
Le Progrès Saint-Léonard a sollicité, à plusieurs reprises, une entrevue avec un représentant du CIB. M. Ayadi nous a signalé que la personne responsable des communications n’était pas disponible pour répondre à nos questions avant deux à trois semaines. Il nous a cependant fait parvenir un courriel dans lequel il est indiqué :
« Relativement à la question du zonage et de ses répercussions sur la situation de la mosquée: nous avons communiqué avec l’arrondissement dans l’objectif de régler cette affaire à l’amiable et nous n’avons pas l’intention d’entrer en conflit avec l’arrondissement.
« D’ailleurs, depuis l’ouverture de notre centre en 2004, le nombre des résidents de confession musulmane qui viennent s’installer à côté de la mosquée ne cesse de s’accroître. Nous coopérons toujours avec l’arrondissement, notamment en ce qui concerne le respect des règlements et la sensibilisation des personnes qui fréquentent le centre. »
Pour en savoir plus sur le centre islamique Badr et les services qu’il offre, on consulte le www.centrebadr.net .