Travail
C’est tout le contraire qui se passe. On est tout joyeux quand notre emploi nous permet d’être en vacances ce jour-là. Comme c’est un long weekend, plusieurs d’entre nous en ont profité pour aller se balader ou aller faire un p’tit tour au chalet. On sympathise alors de tout coeur avec ceux qui doivent travailler et qui ne peuvent se la couler douce en attendant de traverser un pont engouffrés dans un bouchon de circulation! Même si à cette occasion on devient un tout p’tit peu excédé, on est si bien à ne RIEN FAIRE, rien du tout!!
Par contre, chaque lundi de l’année, on verra ce quidam, devenir pesant et traînant ses savates, les épaules affaissées se rendre à la job en ce jour des overall! Ce pauvre bougre, qu’il soit jeune éboueur ou cadre d’un business, est pris dans un engrenage où le rendement doit toujours dépasser ses propres sommets coûte que coûte. C’est la course à l’efficacité aveugle! Ici, il est peu question du bien-être de l’employé. Comme l’employeur veut du rendement à tout prix, il déplacera ses travailleurs les plus performants vers des postes stratégiques et souvent congédiera les plus nerveux moins performants sous prétexte de remaniement ou de restructuration! Tout ce brassage de compétence au rendement sera source de manipulation quand ce n’est pas de harcèlement. On retrouvera les exclus en recherche d’un autre gagne-pain quand ce n’est pas en dépression! Les élus, tout fiers de leur ascension, commenceront peu après à devenir inquiets et tendus dans leur désir de performer pour satisfaire aux exigences du patron! Combien de ces cadres ne se payent-ils pas un bon burnout peu de temps après avoir accédé à un poste envié parce que mis en valeur et mieux rémunéré?
Mais ce travail de notre société de consommation, est-ce vraiment du travail? N’est-ce pas plutôt de la machinisation de l’humain au service du rendement et de la plus-value! aveugle?!?! Quand un contremaître donne une p’tite tape dans le dos à un ouvrier pour son bon travail, c’est tout à fait sympathique! Mais l’un comme l’autre, malgré leur fierté bien légitime, ne sont que des rouages d’une économie où le rendement machinal toujours en croissance abêtise l’humain en l’homme comme en la femme!
Le travail, devenu une course au rendement et à la productivité, une course effrénée pour faire rouler l’économie, une course folle pour accroître indéfiniment les rendements boursiers des grosses compagnies, cette forme d’occupation n’est absolument pas du travail!
Qu’est-ce donc que le travail?
À mon avis, le travail serait tout ce qui permet à la personne humaine de s’épanouir en lui offrant l’occasion d’utiliser ses divers talents en harmonie avec l’entourage particulier qu’est le sien. Il y serait aussi question de croissance. Mais il s’agirait prioritairement d’un bénéfice humain humanisant avant d’être un rendement économique!
À quand les retournements significatifs vers la croissance humaine dans nos sociétés de businessman? Une utopie qui me fait rêver de jours meilleurs! Un jour, tu verras chante la chanson!!!! Un jour, on sifflera en travaillant…!!!!! Tu verras!