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L’immobilier ne fait pas l’unanimité

La population de Saint-Léonard a pris à cœur l’avenir du local vacant, occupé jusqu’en décembre dernier par l’ancienne cour municipale, et qui appartient au centre communautaire Leonardo da Vinci. Invités par les élus de l’arrondissement et les représentants du centre communautaire à une séance d’information qui a eu lieu le 19 avril, les Léonardois ne partagent pas tous le même avis sur la question.

Le pour et le contre

Lors de la dernière séance du conseil, le 2 avril, on apprenait que le centre Leonardo da Vinci souhaitait ajouter l’usage service immobilier à son règlement de zonage. Toutefois, le comité consultatif d’urbanisme, qui est composé de cinq citoyens et qui est chargé d’évaluer et de faire des recommandations lorsque de telles demandes sont faites, a recommandé aux élus de refuser la demande. Selon le comité, ajouter l’usage de service immobilier va à l’encontre de la vocation communautaire du centre. Le centre, quant à lui, estime qu’il devrait avoir le droit d’utiliser ses locaux à ces fins puisque selon son zonage d’autres types de commerces tels qu’une épicerie, une animalerie et même une pharmacie sont autorisés. Tout ceci arrive suite au départ de la cour municipale dont le bail de location représentait près de 140 000 $ de revenus annuels pour le centre Leonardo da Vinci. Après avoir exposé la situation, les élus de l’arrondissement et les représentants du centre ont cédé la parole aux citoyens présents dans la salle bondée de la bibliothèque et qui désiraient poser des questions ou faire des commentaires.

Bien que les deux premières heures de la séance ce soient plutôt déroulées dans le calme et le respect, le ton a monté à quelques reprises. Dès le début de la rencontre, le maire avait demandé aux citoyens d’être brefs dans leurs questions et commentaires. Les avis étaient partagés : selon une partie de l’assistance, l’usage de service immobilier ne nuit pas à la mission du centre; selon d’autres, cette même vocation serait incompatible avec la présence d’un bureau de courtage immobilier.

Le premier citoyen, un jeune homme de 26 ans, a voulu s’informer sur l’impact économique qu’aurait la venue du courtage immobilier dans le centre. La question est demeurée sans réponse.

Le maire a rappelé que la séance concernait la modification de zonage demandée par le centre. Du côté des représentants, on a insisté sur le fait que le centre est un organisme à but non lucratif, et que l’intérêt économique est de maintenir l’institution dans le quartier. Ils ont également expliqué qu’ils doivent générer des revenus afin de ne pas faire faillite.

Par la suite, plusieurs citoyens sont venus appuyer le centre communautaire en disant ne pas voir d’inconvénients à ce que les locaux soient loués pour du courtage immobilier. Une autre résidente, qui est également enseignante dans le quartier, a dit qu’elle ne voyait pas en quoi la présence de Re/max nuirait à la vocation du centre, d’autant plus qu’il serait situé dans un local bien distinct.

Échange corsé

Marc Michaud, vice-président de la société de Développement commercial Jean-Talon a pris position au nom de son organisme à deux reprises lors de la soirée. Il a expliqué ne pas comprendre pourquoi un commerce s’installerait dans un centre communautaire. Il a également ajouté qu’à Saint-Léonard, la principale artère commerciale est la rue Jean-Talon Est. Il a invité le bureau de courtage immobilier à venir louer l’un des cinq locaux vacants situés sur cette rue.

Lors des 15 dernières minutes de la séance, un échangé corsé a eu lieu entre M. Michaud, Me Nicola Di Iorio, secrétaire corporatif du centre Leonardo da Vinci et le conseiller Dominic Perri.

Ce différend a eu lieu après que les représentants du centre aient parlé que des travaux mineurs dans le local avaient débuté avant de se rendre compte que l’usage immobilier n’était pas autorisé.

« Je suis conseiller dans un petit village à l’extérieur de Montréal et je sais que commencer des travaux sans permis c’est illégal », a lancé M. Michaud.

« Je vous invite à considérer une chose et à aller voir dans votre village que les gens demandent des dérogations mineures quand les travaux sont « complétés ». Renseignez-vous avant de parler et surtout avant de lancer des accusations », a répliqué Me Di Iorio, sous les applaudissements d’une partie de l’assistance.

« Nous ne sommes pas ici pour avoir un débat d’avocats. Nous sommes ici pour savoir si vous êtes favorable ou non à l’ajout du service immobilier dans le centre. J’ai compris votre opinion merci beaucoup », a ajouté le conseiller Dominic Perri à l’égard de M. Michaud.

Nancy Forlini, franchisé du Re/max qui désire s’établir dans les locaux du centre est également venue au micro. Elle a insisté sur le fait qu’elle est consciente de la vocation du centre, que son but n’est pas de s’établir dans le complexe mais bien dans le local qui est indépendant.

À quand la décision?

Après la séance, le maire d’arrondissement a assuré que la décision n’était pas encore prise. Il a indiqué qu’il souhaite qu’elle soit rendue si possible lors d’une des deux prochaines séances du conseil. Du côté du centre communautaire et des propriétaires du Re/max qui souhaitent s’installer dans les locaux vacants, on affirme ne rien tenir pour acquis et espérer que la meilleure décision soit prise.

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