Organismes et vêtements usagés : dépendre des dons
Devant la multiplication des boîtes destinées à la collecte de vêtements usagés, des organismes s’inquiètent de voir diminuer les dons de gens qui veulent se départir de certains de leurs biens. Pour plusieurs responsables d’organismes, il demeure important que les citoyens soient informés et sachent à qui ils remettent ces articles.
« Nous ne voulons pas que la population cesse de donner des vêtements par crainte que ça n’aille pas aux personnes qui en ont besoin », déclare la directrice du développement corporatif du centre de développement Yaldei, Lillian Venor.
Elle explique qu’un des programmes offerts par le centre, dont la mission est d’aider les enfants ayant des problèmes d’apprentissages, dépend entièrement des dons de vêtements usagés faits à l’Association des Généreux pour enfants handicapés, dont certaines boîtes sont installées dans l’arrondissement de Saint-Léonard.
Chaque année, le centre Yaldei reçoit un montant qui permet, à une vingtaine d’enfants de bénéficier d’un programme adapté pour ceux qui souffrent d’autisme.
Du côté de la Fondation québécoise de la déficience intellectuelle (FQDI), cette même préoccupation est partagée. Le responsable des communications de la fondation, Alain Mongrain, explique que la revente des articles usagés recueillis dans les boîtes permet aux organismes qui travaillent avec des personnes atteintes d’une déficience intellectuelle de préparer des activités et des programmes pour améliorer leur intégration.
Une aide importante
Pour plusieurs organismes, la collecte de vêtements constitue une source principale de financement. Si les gens cessent de donner, ce sont les personnes auprès de qui elles oeuvrent qui pourraient en subir les conséquences.
« Il y a des sous à faire et c’est certain qu’on aide des bonnes causes. Lorsqu’on voit des gens qui arrivent et qui profitent des gens en leur faisant croire (qu’ils ont une mission philanthropique), ça nuit à notre image », confie le directeur général de la Fondation des Grands Frères et Grandes Sœurs de Montréal, Jean Laberge.
Pour certains, la solution réside dans l’application d’un règlement qui réserve l’usage des boîtes destinées à la collecte de dons qu’aux organismes de bienfaisance.
« Il devrait y avoir des permis. Le problème est plus en ville. En région, on voit moins ça », confie la directrice générale de l’Entraide diabétique du Québec, Chantale Desrosiers.
S’informer avant de donner
La directrice du centre Yaldei, Mme Venor, ne croit pas qu’il faut nécessairement encadrer l’utilisation des boîtes. Toutefois, elle insiste sur le fait que les donneurs doivent être conscients à qui ils remettent leurs vêtements.
« Les gens doivent avoir le choix et savoir ou ils déposent leurs articles usagés », dit-elle.
Une chose est certaine, c’est que tous les responsables souhaitent que les citoyens continuent à leur faire confiance et que dans le doute, ils fassent une petite recherche afin de s’assurer qu’ils donnent bien à un organisme de bienfaisance.