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Vaincre la violence faite aux immigrantes

Photo: Miroslaw Dziadkowiec/Depositphotos
Tranchemontagne Daphnée - TC Media
Le procès hypermédiatisé de Mohammed, Tooba et Hamed Shafia, soupçonnés d’avoir tué quatre femmes de leur famille pour l’honneur, soulève bien des questions sur la violence faite aux femmes au sein des familles immigrantes. Portrait de la situation.

Depuis trois ans, Zuluyma Lopez est responsable du programme « Vivre sans violence » de l’Accueil aux immigrants de l’est de Montréal (AIEM), un organisme communautaire de Saint-Léonard. Selon elle, les situations de violence envers les femmes sont nombreuses.

« Le programme s’adresse exclusivement aux femmes, mais on fait quand même de la prévention et de la sensibilisation auprès de l’ensemble de la famille immigrante. On reçoit, en moyenne, entre cinq et sept appels par mois de femmes victimes de violence, ce qui signifie que l’on aide environ 70 femmes par année », indique M. Lopez.

Il ne s’agit pas uniquement d’agressions physiques. On dénombre aussi de la violence psychologique et verbale, et ce, dans les différentes communautés culturelles. Mme Lopez estime que le nombre de cas augmente et qu’il y a un « réel besoin » de soutien.

« On constate souvent, particulièrement auprès de la communauté maghrébine, qu’il y a une forte pression familiale. Celle-ci peut être due aux coutumes ou à la culture. Les femmes hésitent à prendre la décision de s’en sortir à cause de cette pression. Même si la famille est éloignée, qu’elle habite à l’extérieur du pays, elle a une emprise sur la victime. Certaines me disent : je ne peux pas faire ça, j’ai appelé ma mère et elle m’a dit que je n’avais pas le droit », explique Mme Lopez.

Plusieurs femmes ne vont pas chercher l’aide dont elles ont besoin parce qu’elles ne maîtrisent pas suffisamment la langue ou ne savent tout simplement pas où s’adresser. Pourtant, plusieurs ressources sont à leur disposition : maisons d’hébergement, groupe de soutien, organismes de défense des droits des femmes.

« Les centres de santé et de services sociaux (CSSS) offrent également des services de soutien, mais les femmes ne pensent pas nécessairement à y aller parce que c’est une grande institution qui peut sembler inaccessible. Elles se tournent davantage vers les organismes communautaires, qui regroupent des membres de leur communauté. Ils se sentent plus en confiance. Le CSSS, il les soutient, mais il ne les accompagne pas », croit Mme Lopez.

Elle rappelle cependant que les femmes ne doivent pas hésiter à aller chercher de l’aide et à porter plainte au service de police si nécessaire.

Pour en savoir davantage sur l’AIEM, on consulte son site Internet www.aiemont.com ou on communique avec le 514 723-4939.

 

Pour en savoir plus:

Affaire Shafia: onde de choc sur la rue Bonnivet

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