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Un autobus rempli de bonnes choses

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
Colorés et vitaminés, les fruits et légumes sont au cœur d’une alimentation équilibrée. Le Guide alimentaire canadien recommande d’en consommer cinq à 10 portions par jour. Toutefois, la hausse constante du coût des aliments – en un an, le prix des bananes a augmenté de 6%, celui de la laitue de 12,3 % et celui des pommes de terre de 23,1 % – fait en sorte que de plus en plus de gens ont de la difficulté à se nourrir correctement. Pour pallier les effets de cette crise alimentaire, la Concertation en sécurité alimentaire sillonnera bientôt le territoire léonardois à bord de son autobus réfrigéré pour offrir des produits frais à la population, et ce, tout au long de l’année.

Chaque semaine, l’autobus effectuera un arrêt à quatre points de dépôt, situés de part et d’autre de l’autoroute Métropolitaine qui scinde l’arrondissement en deux, soit les paroisses Saint-Léonard (5525, rue Jarry Est) et Saint-Gilbert (5420, rue des Angevins) ainsi que les habitations Émilien-Gagnon (6150-6180, rue Jarry Est) et Gérard-Poitras (6660-6680, boulevard Couture). L’organisme souhaite en offrir un cinquième aux abords du secteur Viau/Robert.

« Il faut que les gens mangent davantage de fruits et de légumes. Pour cela, il faut que l’on aille vers eux. On en est venu à la conclusion qu’il faut se rapprocher physiquement, mais aussi économiquement des citoyens de Saint-Léonard en offrant un marché ambulant », explique Manon Proulx, agente de développement et de mobilisation à la Concertation en sécurité alimentaire.

Ainsi, fruits et légumes frais, achetés auprès d’un grossiste qui privilégie l’agriculture locale (il s’agit d’un des fournisseurs qui approvisionne le programme Bonne Boîte, Bonne Bouffe), seront plus facilement accessibles. Bien que le programme soit ouvert à tous, il cible particulièrement les personnes à faible revenu. En effet, Mme Proulx croit que cette mesure permettra aux bénéficiaires d’économiser non seulement sur le prix des aliments, mais également sur les coûts de transport. Leur pouvoir d’achat s’en trouvera donc bonifié.

« Les gens vont pouvoir faire une grosse épicerie de denrées non périssables pour le mois, en transport en commun, et aller chercher leurs fruits et légumes à pied sur une base hebdomadaire. Les 3 $ qui ne serviront pas à payer l’autobus pourront être réinvestis dans d’autres aliments, comme des protéines de qualité.

« Contrairement au programme Bonne Boîte, Bonne Bouffe, qui propose aussi des fruits et légumes abordables, les gens peuvent choisir ce qu’ils achètent en fonction de leurs goûts et de leur culture. Il ne s’agit pas d’un panier déjà tout fait », fait-elle valoir.

L’arrivée du marché ambulant amènera des changements dans les habitudes alimentaires des gens, mais aussi dans leurs comportements de consommation. Mme Proulx souhaite donc incorporer un volet éducatif à l’initiative. En plus de d’informer les gens sur de la valeur nutritive des aliments et les diverses techniques pour apprêter les variétés moins connues de fruits et légumes, la responsable désire également sensibiliser les gens à la question environnementale.

« Je veux que ce projet soit écologiquement responsable, et ce, même si je me déplace avec un véhicule et qu’il consomme des produits pétroliers. J’aimerais que l’on n’utilise pas de sacs en plastique, que les gens se présentent avec leurs sacs et leurs contenants réutilisables », soutient-elle.

Prochain arrêt : le garage

Lorsqu’on lui demande quand « l’autobus-fraîcheur » entrera officiellement en fonction, Mme Proulx répond « bientôt ». Certaines modifications doivent être apportées au véhicule avant qu’il ne puisse livrer fruits et légumes aux quatre coins de l’arrondissement. En effet, celui-ci, qui appartenait autrefois à un centre de personnes âgées, doit être converti en camion réfrigéré pour assurer la préservation des aliments. Les bancs doivent être retirés et les parois isolées. L’organisation cherche également un garage pour y stationner le véhicule, ce qui ralentit considérablement les travaux de transformation.

« Pour l’instant, nous n’avons pas de garage. Il nous en faut un de type commercial à prix modique. Notre budget pour la location pour un tel local est très modeste. Il oscille entre 100 $ et 180 $ par mois. Je suis même prête à faire de la colocation pour réduire les coûts. Ça nous prend, au minimum, une porte de 14 pieds, car l’autobus, une fois modifié, en fait 12 de hauteur. Il y a aussi une autre contrainte dont il faut tenir compte : il ne doit pas y avoir d’hydrocarbures ou de particules volatiles nocives, comme de la peinture ou de l’essence, qui risqueraient de contaminer notre nourriture » expose la responsable dans un cri du cœur, sollicitant du même coup l’aide de la population afin de trouver un garage qui regroupe tous ces éléments.

Pour en savoir plus sur le projet de marché ambulant ou pour communiquer avec la Concertation en sécurité alimentaire, on compose le 514 568-7792.

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