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Joe Cacchione : 30 ans d’humour à l’italienne

Joe Cacchione : 30 ans d’humour à l’italienne
Photo: Thomas Laberge/Progrès Saint-Léonard

Joe Cacchione est un homme qui n’aime pas chômer : en plus d’être directeur d’école, l’Italo-Montréalais mène une carrière fructueuse dans l’humour. Il fêtera d’ailleurs ses 30 ans en tant qu’humoriste cette année à Saint-Léonard.

Joe Cacchione l’admet d’emblée, ses deux vies sont inséparables. Et cela se remarque durant l’entrevue : alors qu’il raconte son parcours assis à son bureau de directeur d’école, Joe entre parfois instantanément dans son personnage de comique pour faire une blague avec un français teinté d’un fort accent italien. « 100% franzé », c’est d’ailleurs le titre de son nouveau spectacle, qu’il donnera en décembre au centre Leonardo Da Vinci.

Humoriste par hasard
Malgré son aisance avec l’humour aujourd’hui, rien ne prédisposait Joe à faire ce métier. « J’étais un enfant très timide. »

L’occasion de faire de l’humour est arrivée par hasard, alors qu’il était dans la vingtaine.  « Un ami m’a proposé de faire un spectacle pour quelques personnes. Finalement, on s’est produits devant 300 couples », raconte-t-il.

C’est à ce moment que Joe a eu la piqûre. « Ça m’a fait triper ; avoir le feedback du public, c’était extraordinaire. »

Il débutera en faisant notamment des mariages et des baptêmes. Sa carrière prendra par la suite des proportions insoupçonnées. Il se produira notamment aux États-Unis, au Venezuela, en Italie et en France.

« Je voulais cesser à 40 ans, mais c’était rendu que je faisais plein de spectacles. Je ne pouvais pas arrêter », raconte Joe Cacchione, qui a maintenant 50 ans.

La langue comme fil rouge
Arrivé au Québec à l’âge de 8 ans, Joe passe sa jeunesse à Saint-Léonard. Bien qu’il n’habite plus dans le quartier, il reste à l’affût des transformations de la communauté italienne à Montréal.

Pour lui, le changement le plus important se situe au niveau de la langue. « Il y a 30 ans à Saint-Léonard, les Italiens pouvaient vivre juste en italien. Aujourd’hui, ils parlent beaucoup plus français et anglais », explique-t-il. Il souligne qu’il entend beaucoup d’Italiens faire des mélanges avec les trois langues.

Il insiste toutefois sur le fait que certains mots doivent conserver leur consonance italienne.  « La langue est liée à la culture, et la culture est liée au bedon. Ça veut dire que les plats typiques ne peuvent pas changer de nom. Par exemple, la brachola va toujours rester la brachola », lance-t-il en riant.

Polyglotte, Joe Cacchione met d’ailleurs la langue au centre de son humour. « La maitrise des langues me permet de faire des jeux de mots en utilisant à la fois l’anglais, le français et l’italien. »

L’autre vie de Joe Cacchione
Quand Joe Cacchione est devenu directeur d’école il y a 20 ans, il s’est questionné à savoir s’il devait abandonner l’humour. « J’ai décidé de continuer, car j’aimais trop, ça. Je n’arrivais pas à arrêter. »

Alors que l’humour lui donne de l’adrénaline, son métier de directeur lui procure un sentiment d’accomplissement. « Voir des élèves réussir, ça me donne une belle satisfaction. »

L’attitude de Joe détonne de celle de l’image conservatrice et sévère que l’on se fait souvent d’un directeur d’école. Il veut être proche de ses élèves. « Je mange souvent avec eux. »

Et son amour des langues le suit même jusqu’à l’école. Comme beaucoup de ses élèves sont issus de l’immigration, Joe se fait un devoir d’apprendre quelques mots de leur langue maternelle. « Je suis en train d’apprendre le persan. Sinon je connais quelques mots en chinois », lance-t-il avec fierté.

L’humour lui a sauvé la vie
Mais la vie de Joe n’a pas toujours été drôle. Aujourd’hui âgé de 50 ans, il a eu trois cancers.  « Là, je les collectionne », dit-il avec amertume.

Lors de son premier diagnostic, on ne lui donne pas longtemps à vivre. « Le médecin m’a dit qu’il me restait 2 ans. Aujourd’hui, ça fait 14 ans. »

Malgré cette nouvelle tragique, Joe décide de ne rien changer à sa vie. Il continue de travailler à l’école et de faire des spectacles d’humour.

Est-ce que cette attitude lui a sauvé la vie?

« J’en suis persuadé ! », répond-il sans hésitation.

Au troisième cancer, Joe s’est rendu compte à quel point il avait peu de contrôle sur ce qui pouvait lui arriver dans la vie. « Je crois que c’est important de vivre pleinement, et idéalement en faisant du bien aux autres. »

Et après 30 ans à faire rire les gens, on peut dire que Joe a atteint son but.

 

Joe Cacchione donnera des spectacles pour fêter ses 30 ans de carrière au centre Leonardo Da Vinci les 28, 29 et 30 décembre prochains. Les profits amassés seront remis à la Société de leucémie et lymphome du Canada.