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Manifestation anti-gentrification dans Saint-Henri

Photo: Photo: Métro Média – Justine Gravel

Une quarantaine de résidents se sont rendus au parc Sir-Georges-Étienne-Cartier, jeudi soir, pour revendiquer davantage de logements sociaux dans l’ouest de Saint-Henri. Cette manifestation donnait suite à une série d’actions anti-gentrification survenues plus tôt ce mois-ci, notamment à Rosemont et Hochelaga-Maisonneuve.

«De plus en plus, les gens n’ont plus les moyens de se loger et ça les pousse à déménager dans un autre quartier, loin de leur réseau et de leurs services», explique Sandrine Belley, organisatrice communautaire au POPIR – Comité Logement, l’organisme derrière la manifestation.

Selon elle, la hausse marquée des loyers s’explique par le nombre grandissant de tours à condos dans l’arrondissement. Plusieurs résidents abondent également dans ce sens. «Depuis que je suis arrivé à Saint-Henri en 1997, ça pousse comme des champignons. Le quartier se transforme rapidement, il faut arrêter l’hémorragie», soutient l’un d’entre eux, Marc-Olivier Rainville.

Pour Minouse Joseph, qui habite la Petite-Bourgogne, se loger est un droit et non un privilège. «C’est important que chaque personne ait un toit. Il faut s’y attarder et se mobiliser, car nous faisons tous partie de la grande famille de l’humanité», dit celle qui siège également sur le conseil d’administration du POPIR.

Même les ruelles vertes sont devenues des symboles de l’embourgeoisement selon le comité logement, car elles aident les promoteurs à vendre des condos. «Par exemple, après des investissements publics de plus de 1 M$ dans le Woonerf, Mondev l’a tout de suite utilisé comme élément marketing», souligne Mme Belley, tout en précisant qu’elle n’est pas contre l’embellissement du quartier.

Terrains vacants
Les membres du comité logement ont plusieurs idées pour améliorer la qualité de vie des résidents moins nantis. Ils souhaitent notamment qu’un immeuble à logements conçu pour les femmes en situation de détresse et les mères monoparentales soit construit sur le stationnement du 4700, rue Saint-Ambroise, présentement occupé par un immeuble à bureaux.

Le site de la Canada Malting est également toujours dans leur mire. Le collectif «À nous la Malting» travaille actuellement pour acquérir l’ancienne malterie afin de la transformer en un projet citoyen qui comprendrait de nombreux logements sociaux et des services à faible coût.

Ce projet est toutefois en compétition avec celui du promoteur Renwick Development, qui souhaite faire de l’usine un bâtiment multifonctionnel où on trouverait des ateliers d’artistes, des logements sociaux et familiaux ainsi qu’un centre d’éducation pour enfants autistes.

Le collectif croit cependant que ce projet ne répond pas aux besoins de la communauté en raison de la faible présence de logements sociaux, soit 65 unités sur un total de 240.

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