Sud-Ouest
14:28 15 décembre 2020 | mise à jour le: 15 décembre 2020 à 15:09 temps de lecture: 4 minutes

Un manque de sages-femmes dans le Sud-Ouest

Un manque de sages-femmes dans le Sud-Ouest
Photo: GracieusetéLa clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles accueille depuis un an des sages-femmes et des femmes tout au long de leur grossesse.

Un an après la mise en place du service de sages-femmes à la Clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles, le manque de ressources se fait sentir en raison de la forte demande pour les suivis de grossesse.

«Il s’agit d’une offre de services très différente de ce que nous avions depuis 50 ans. C’est un ajout enrichissant, qui nous permet maintenant d’être présents aux deux pôles de la vie», explique la coordonnatrice générale de la clinique du Sud-Ouest, Sandy Sadler.

Toutefois, en raison de la pandémie et du manque de main-d’œuvre depuis quelques années dans le domaine, le service de sages-femmes a rencontré certaines difficultés au cours de ses 12 premiers mois.

En attente de la création d’une maison de naissance, le déroulement doit donc se faire dans le sous-sol de la clinique. On y retrouve un petit nombre de bureaux de consultation.

Il s’agit de locaux temporaires en attendant l’ouverture de la maison, qui devrait prendre quelques années encore.

«Il n’y a pas d’endroits pour assister les accouchements sur place. Pour l’instant, c’est à domicile et dans un centre hospitalier», explique Claudia Faille, responsable des services de sages-femmes à la clinique.

«Quand on va être dans la maison de naissance, on va être beaucoup plus nombreuses. Ce sont des locaux qui sont adaptés pour que les naissances aient lieu. Ça va être plus attrayant pour les sages-femmes.» – Claudia Faille

Rehausser les effectifs

Afin de réussir à répondre à la clientèle d’ici l’arrivée de la maison, une demande de rehaussement du nombre de sages-femmes a donc été envoyée en avril auprès du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

En sous-effectif depuis déjà quelques mois, l’établissement compte six cliniciennes qui font les suivis de grossesse. Un rehaussement permettrait l’ajout de deux sages-femmes et d’une aide natale, qui agit comme auxiliaire.

Pourtant, un baccalauréat en pratique sage-femme est offert à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). Le programme est contingenté et il est limité à seulement 24 places.

«Pour répondre à cette demande-là, il faut absolument augmenter le taux d’étudiantes au programme universitaire», mentionne Mme Faille.

Si la clinique a contribué à 60 suivis de maternité dans la dernière année, 65 femmes se sont vu refuser le service en raison d’un manque d’espace et de personnel. Elles ont donc dû être placées sur une liste d’attente.

La future maison de naissance et un plus grand nombre de sages-femmes viendraient régler une partie du problème.

Adaptation

Afin de permettre un suivi en toute sécurité malgré la pandémie, la clinique a dû adapter son service.

Des cours prénataux ont donc été offerts en ligne. Une sage-femme de la clinique, elle-même en congé de maternité, à offert son aide afin de réaliser toutes les présentations à distance. Celle-ci a donc mis sur pied les cours à l’aide du logiciel PowerPoint.

«On ne peut pas ne pas voir les femmes et tout faire par téléphone», souligne Mme Faille.

Des gants, des visières, des jaquettes et des masques, entre autres, sont distribués à tous ceux qui se rendent à la clinique.

Si une femme devait être déclarée positive à la COVID-19, elle devrait alors être transférée au centre hospitalier qui est chargé de la recevoir afin de faire un suivi de son état de santé.

La Clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles offre différents services, comme la vaccination, le suivi médical des jeunes de 6 à 24 ans, ainsi que du soutien à domicile pour des personnes non ambulatoires et leurs proches aidants.

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