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Explosion du prix de l’essence: quel impact sur la consommation?

pompe à essence
Photo: Istock

Le prix de l’essence s’est accru rapidement en raison du conflit entre la Russie et l’Ukraine, avoisinant 2 $ le litre à Montréal en début de semaine. Une hausse fulgurante qui pourrait avoir un impact sur les habitudes de consommation des Montréalais.

«Il y a moins de gens qui achètent l’essence […] maintenant ils remplissent que quand ils ont vraiment besoin», constate le préposé d’une station d’essence du Sud-Ouest, Luca.

Ce matin, le prix du carburant tournait autour de 1,90 $ le litre.

Pour l’un des clients de la station avoisinante, la hausse du prix de l’essence a un effet boule de neige sur l’ensemble de ses finances personnelles, alors que le prix de l’épicerie a également augmenté. Ce dernier, qui fait souvent des trajets entre Montréal et Ottawa, fait plus attention quand vient le moment de faire le plein de carburant.

Pour Fernando, un camionneur venu livrer des denrées alimentaires dans la station-service, «l’impact, c’est surtout pour la compagnie qui devra refiler la facture au client». Il précise qu’il ne craint toutefois pas une baisse de la demande de livraison en raison de la hausse des prix du carburant.

«Ça fait vraiment mal au portefeuille, au personnel», ajoute le collègue de Fernando.

«Les prix qu’on voit actuellement, c’est du jamais vu depuis 2008», soutient le professeur au Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale de l’UQAM, et titulaire de la Chaire de recherche sur la décarbonisation, Mark Purdon.

Les prix élevés sont l’une des conséquences du conflit entre l’Ukraine et la Russie, alors que ce dernier pays est l’un des trois plus grands fournisseurs de pétrole dans le monde. Pour Mark Purdon, les sanctions imposées à la Russie par de nombreux pays expliquent l’augmentation du prix de l’essence, même si beaucoup d’incertitude demeure quant aux impacts qu’aura le conflit sur l’économie mondiale.

Cette hausse du coût du carburant pourrait aussi avoir des conséquences sur la hausse des prix en général, alors que les cargos ou les avions de marchandises sont également concernés.

Se tourner vers d’autres moyens de transport?

Il est donc possible que les Québécois se tournent vers des moyens de transport différents. Le covoiturage est l’une des possibilités envisagées, selon Mark Purdon, ce qui permettrait de réduire les dépenses en carburant en comparaison des voitures individuelles.

Dans les villes comme Montréal, les transports en commun pourraient aussi voir de nouveaux usagers.

Pour ce qui est des voitures électriques, ces dernières pourraient à long terme apparaître comme des solutions de remplacement aux voitures à essence. Pourtant, comme le souligne Mark Purdon «le virage électrique n’est pas si simple», alors qu’il y a une liste d’attente pour obtenir une voiture électrique au Québec, et que ces dernières ne sont pas toujours accessibles dans le monde.

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