Dans la rue pour des logements sociaux
Une centaine de citoyens du Sud-Ouest convaincus que le gouvernement du Québec peut faire davantage au chapitre de la construction de logements sociaux sont descendus dans la rue, le 1er février, pour en réclamer 50 000 dans la province au cours des cinq prochaines années.
Les manifestants ont répondu à l’appel lancé par le POPIR-Comité Logement et le Regroupement Information Logement (RIL) de Pointe-Saint-Charles.
On met de la pression alors que le gouvernement Marois prépare son prochain budget, et au moment où on parle de plus en plus d’élections générales.
Cette manifestation faisait partie d’une série d’actions locales du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) en vue d’une manifestation nationale qui aura lieu à Montréal le 9 février.
3800 logements
Pour le seul Sud-Ouest, les participants à la marche ont revendiqué la construction de 2800 logements sociaux dans les quartiers Côte-Saint-Paul, Émard, Petite-Bourgogne et Saint-Henri et 1000 dans Pointe-Saint-Charles.
Il s’agit, selon les données les plus récentes de Statistique Canada, du nombre de ménages de l’arrondissement qui consacrent plus que 50% de leurs revenus mensuels au loyer, a indiqué Patricia Viannay, porte-parole du POPIR-Comité Logement.
Les comités logement ont rappelé qu’au cours de la dernière campagne électorale, le Parti québécois s’était engagé à construire au moins 3000 logements sociaux. Il a respecté cet engagement dans son premier budget mais il n’a pas fourni de garantie à plus long terme. Le POPIR et le RIL estiment que le gouvernement aurait les moyens de financer 50 000 nouvelles unités. Ils suggèrent notamment de mettre davantage à contribution les particuliers à haut revenu et les grandes entreprises. Ils proposent aussi d’augmenter la contribution des banques et autres institutions financières pour bonifier le budget dévolu à AccèsLogis.
Efforts de l’arrondissement
Dans le Sud-Ouest, Patricia Viannay reconnaît que l’administration du maire Benoit Dorais a été l’une des plus proactives de la Ville en ce qui concerne le logement social.
L’arrondissement a en effet poussé un cran plus loin la Stratégie d’inclusion de logements abordables dans les nouveaux projets résidentiels de la Ville de Montréal, laquelle prévoit l’intégration de 15% de logements sociaux et communautaires et de 15% de logements abordables dans les nouveaux projets de plus de 200 logements. La politique de l’arrondissement vise aussi les projets de moins de 200 unités.
Mais la construction de logements sociaux est «tributaire du développement de condos», souligne Patricia Viannay. «En théorie il y a beaucoup de projets», fait-elle observer, mais dans les faits, le nombre de logements sociaux qui ont été construits au cours des dix dernières années tourne autour de 200 unités.