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Avenir incertain pour les centres d'éducation populaire

Alors qu’une solution se profilait la veille du scrutin provincial du 7 avril, l’avenir est de nouveau incertain pour les six centres d’éducation populaire logeant dans des immeubles de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), dont deux sont situés dans l’arrondissement du Sud-Ouest.

Depuis une quarantaine d’années, le Carrefour d’éducation populaire de Pointe-Saint-Charles et le Comité d’éducation aux adultes de la Petite-Bourgogne et de Saint-Henri (CÉDA) occupent gratuitement des immeubles excédentaires de la CSDM. En raison de son contexte financier, la CSDM n’est plus en mesure d’assumer les frais. Elle les a informés, il y a quatre ans, qu’elle ne serait plus en mesure de reconduire la gratuité de location au renouvellement des baux prévu en 2015.

La solution envisagée: que la CSDM cède les immeubles – qui nécessitent des travaux d’envergure – à la Société québécoise des infrastructures (SQI). Elle devait être effective avant le déclenchement des élections. La CSDM avait demandé le transfert. Mais depuis l’élection, rien n’a bougé. «On nage dans l’inconnu», indique le directeur du CÉDA, Roger Le Clerc. «Le gouvernement veut revoir l’ensemble des solutions possibles», souligne la coordonnatrice adjointe au Carrefour d’éducation populaire de Pointe-Saint-Charles, Marie-Andrée Painchaud.

Les centres donnent accès à l’éducation à des adultes parmi les plus pauvres et exclus de la société: alphabétisation, ateliers artistiques et d’informatique, intégration des personnes handicapées intellectuelles, etc. Le CÉDA accueille environ 1500 personnes par année. Du côté de Pointe-Saint-Charles, c’est autour de 700 personnes.

Pour Roger Le Clerc, le transfert à la SIQ représenterait 50% de la solution au problème. «Nous pourrions rester dans les immeubles qui seraient rénovés», dit-il, ajoutant que la SIQ chargerait cependant un loyer. «Quel que soit le prix, c’est tuant», explique-t-il. «Si on me demande 150 000$ en loyer, en chauffage, aussi bien fermer.» Les centres n’ont pas ces ressources financières.

«Ce qui va se passer, on n’en a aucune idée», confie Marie-Andrée Painchaud. «En juin 2015, si le bail n’est pas renouvelé, on est dehors. On n’ose pas y croire.»

«On espère trouver une solution, dit-elle. La balle est dans le camp de Québec.»

«La seule solution doit venir du gouvernement», analyse aussi Roger Le Clerc. «On attend une rencontre avec le ministre de l’Éducation.» «La disparition des centres, ce n’est pas quelque chose d’envisageable. Ce n’est souhaité par personne», note M. Le Clerc. «Mais quand vient le temps de mettre la main dans la poche, tout le monde regarde au plafond». Pour le directeur, c’est clair: «Notre avenir dépend d’une décision politique».

Le dossier chemine

«C’est un dossier qui chemine», signale la députée libérale de Saint-Henri–Sainte-Anne, Marguerite Blais, qui en a discuté avec le ministre de l’Éducation, Yves Bolduc.

«Je viens de Pointe-Saint-Charles. Je ne peux pas être contre l’éducation populaire. Comment sortir de la pauvreté? C’est par l’éducation», dit-elle.

«C’est essentiel, l’éducation populaire. Ce n’est pas une éducation moindre», soutient Mme Blais. «C’est une façon de prendre du pouvoir sur soi-même, de sortir de l’isolement, de la solitude.»

«La problématique, résume la députée, c’est une question d’infrastructures.»

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