Réinventer la rue Wellington
«La rue Wellington est dans ses derniers retranchements», constate Nathacha Alexandroff, membre du comité. À une époque, «c’était une artère importante», mentionne celle qui demeure depuis vingt ans dans ce quartier où vivent 15 000 personnes.
Avec les années, les commerces ont fermé entre les rues Charlevoix et de Sébastopol. Ils n’ont pas été remplacés.
Toute la communauté est conviée à une mobilisation ayant pour but de lui redonner du souffle. La population, les commerçants, les propriétaires des espaces commerciaux vacants, les organismes et l’administration municipale sont invités à prendre part à la réflexion.
L’objectif du comité est notamment de favoriser la diversité de l’offre de services, principalement en alimentation. Le sud du quartier a été qualifié de «désert alimentaire» par la Direction de santé publique.
Mais le comité met les choses au clair. Une effervescence semblable à celle que connaît Wellington du côté de Verdun, ce n’est pas pour demain. On n’anticipe rien non plus de comparable à ce qu’on observe sur Monk ou Notre-Dame, souligne le maire de l’arrondissement du Sud-Ouest, Benoit Dorais.
«Et ça ne veut pas concurrencer la rue du Centre», la rue commerciale du nord du quartier, insiste Karine Triollet, coordonnatrice d’Action-Gardien.
Pour M. Dorais, l’important est «qu’on retrouve des services sur Wellington».
Et pour Artères solidaires, la démarche dépasse le seul aspect commercial. «On veut que ce soit un vrai milieu de vie», explique Karine Triollet. «Il n’y a pas de lieu de vie sur Wellington», analyse Nathacha Alexandroff. «Il n’y a pas de lieu de rassemblement, pas de lieu pour vivre. C’est un lieu de transit», fait remarquer Mme Triollet. «Beaucoup de monde habite autour de cette artère, mais elle n’est pas un milieu de vie convivial.»
Pour Stéphane Dupupet, agent de développement en économie sociale au Regroupement économique et social du Sud-Ouest (RESO) et membre du comité, il importe de créer un espace intéressant permettant d’attirer de nouveaux commerces. «Le RESO encourage la participation des commerçants dans le processus», précise-t-il.
Circulation de transit
Relancer Wellington, «c’est un gros défi», admet Benoit Dorais.
Mais le maire est confiant, estimant que le redéveloppement des terrains des anciens ateliers du CN pourrait aider. «Beaucoup de gens s’en viennent là», dit-il. Ce potentiel risque d’attirer les commerces.
L’arrondissement est 100% derrière Artères solidaires, assure le maire. «On va donner un coup de main.»
Son administration a déjà posé il y a quelques années un geste en faveur du développement commercial. Résistant aux demandes de conversions résidentielles, on a adopté une réglementation confirmant la vocation commerciale du rez-de-chaussée des immeubles. «On maintient cette volonté», signale le maire.
Pour Nathacha Alexandroff, il importe aussi que Wellington cesse d’être une voie de transit entre le centre-ville et la Rive-Sud. On mise sur la révision du plan de transport de la Ville de Montréal pour que le trafic soit orienté vers d’autres voies. «Notre grand rêve est d’enlever le transit de Wellington», indique Mme Triollet.
«Il ne faut pas accroître le trafic dans ce secteur», reconnaît M. Dorais, mentionnant que l’arrondissement travaille notamment à la relocalisation des activités de Ray-Mont Logistique, une entreprise qui génère beaucoup de circulation dans le secteur. «Sur Wellington, on ne peut pas faire du trafic lourd», dit-il.