Le documentaire Le Horse Palace prend l’affiche le 15 mars
Après avoir fait salle comble lors de sa projection aux Rencontres internationales du documentaire de Montréal, Le Horse Palace, premier documentaire de Nadine Gomez, prendra l’affiche le 15 mars au Cinéma Excentris.
C’est en 2009, de manière fortuite, que la réalisatrice découvre l’écurie construite en 1862, l’une des dernières en milieu urbain en Amérique du Nord. «C’est un concours de circonstances. Je me baladais à vélo au bord du canal de Lachine un soir d’été. La lumière était parfaite», relate-t-elle. «J’ai vu un homme qui marchait avec un cheval à ses côtés. J’ai été surprise par cette scène hors du temps. En arrivant chez mes amis, on m’a dit qu’il y avait une écurie à Griffintown.»
Nadine Gomez s’y est rendue. «Je suis restée bouche bée devant l’écurie unique, particulière, riche en texture», dit-elle.
L’idée d’un documentaire s’est imposée. «D’un point de vue cinématographique, c’était assez évident, riche, unique», explique la cinéaste, qui a commencé le tournage en 2010.
Elle a été séduite par cet endroit tout en contraste avec le quartier, en contraste avec son environnement qui vit un important boum immobilier. «C’est un endroit collé sur le centre-ville, en sursis, en suspens», dit-elle. «Je sentais qu’il y avait comme une urgence.»
Ayant tenu les rênes du Horse Palace pendant 45 ans, Leo Leonard, qui a fait l’acquisition en 1967 de l’écurie située sur la rue Ottawa, occupe naturellement une place importante dans le récit. Malheureusement, il n’a jamais eu le temps de voir le documentaire terminé tout juste une semaine avant son décès survenu en juillet dernier à l’âge de 86 ans. «Ç’a été difficile, confie Nadine Gomez. Leo m’a accueillie à bras ouverts. Il m’a laissée entrer dans sa vie, son intimité.» Le 23 février, la réalisatrice a organisé un visionnement pour les membres de sa famille et ses proches.
De cette aventure, la cinéaste retient de fortes impressions. «C’était très philosophique comme rapport», mentionne-t-elle. «C’est un endroit qui me disait beaucoup ce qu’est la vie. Que les temps changent.» Elle a pu observer «la difficulté de passer d’une époque à une autre».
Une projection dans le Sud-Ouest
Nadine Gomez sera présente à plusieurs séances, pour une discussion avec le public au terme de la projection.
À l’Excentris, le documentaire sera présenté en version originale française et anglaise avec sous-titres français. À noter qu’une projection en version originale française et anglaise avec sous-titres anglais aura lieu le 20 mars à 19h au Centre culturel Georges-Vanier situé au 2450, Workman. Enraciné dans le Sud-Ouest, Leo Leonard a en effet tissé au fil des ans des liens étroits avec la communauté. Une projection dans son coin de pays s’imposait pour la documentariste. «C’était essentiel», dit-elle.
Plus de renseignements sur le film au www.lehorsepalace-film.com/.
On peut voir la bande-annonce au https://vimeo.com/58645428.