Bain Émard : pas de bouée de sauvetage de la ville centre
Deux manifestations en une semaine. Après la mairie d’arrondissement, des usagers opposés à la fermeture du Bain Émard ont brandi leurs pancartes devant la piscine, rue Laurendeau, le 8 novembre. Alors que le maire de l’arrondissement, Benoit Dorais, s’est dit confiant que des discussions avec la ville centre puissent mener à un renversement de décision, l’administration Tremblay n’a pas l’intention de lancer de bouée de sauvetage.
En conférence de presse, des membres de la coalition Les Amis du Bain Émard ont exprimé le sentiment que la population est prise en otage dans ce dossier. Qu’elle fait les frais d’un bras de fer entre l’arrondissement et la ville centre. Ils ne sont pas convaincus par ailleurs que l’administration Dorais a exploré toutes les avenues avant d’en arriver à cette décision. Le président du Club aquatique du Sud-Ouest, Alain Vaillancourt, a évoqué deux pistes développées par un citoyen, qui pourraient permettre à l’arrondissement d’augmenter ses revenus: ajouter des parcomètres dans Griffintown et augmenter le coût du stationnement au métro Angrignon.
Benoit Dorais a dit ne pas fermer la porte à ce genre de propositions. Mais il fait du problème une question de fond à laquelle doit répondre la ville centre. «Il y a une iniquité dans le partage des recettes fiscales», a-t-il une fois de plus déploré. «On privilégie une solution venant de la Ville.»
Cette solution ne semble pas pour demain. Le président du comité exécutif de la Ville et responsable des finances, Michael Applebaum, a renvoyé l’arrondissement à son budget. «Il y a une façon de trouver ces fonds», a-t-il soutenu, précisant «qu’il n’y a pas d’argent qui vient de la ville centre en 2012».
M. Applebaum croit notamment que l’arrondissement pourrait trouver l’argent nécessaire au maintien de la piscine à même ses surplus et son budget des travaux publics de 30 M$. Il s’est dit prêt à «montrer [au maire Dorais] où trouver de l’argent dans son budget», parlant de coupures qui n’auraient pas «un gros effet sur la qualité des services à la population».
«Je peux clairement montrer comment il peut garder la piscine ouverte», a déclaré Michael Applebaum. «C’est un choix politique», a-t-il résumé.