La Maison Benoît Labre: 60 années d'histoire relatées par Karine Projean
Ça fait maintenant 60 ans que la maison Benoit Labre accueille des personnes itinérantes. Pour souligner cette date importante dans la vie du refuge situé dans Griffintown, Karine Projean vient de faire paraître le livre La Maison Benoît Labre; 60 ans à aider les plus démunis.
Fruit de plus de deux ans de travail, l’ouvrage est publié aux éditions Requiem pour un livre, jeune maison fondée par l’auteure.
C’est en 1952 que la maison Benoit Labre ouvrait ses portes sous l’impulsion de Tony Walsh. Comment souligner ces six décennies d’histoire? «Le conseil d’administration se demandait comment le faire de manière originale», confie Karine Projean, qui y travaille comme intervenante depuis 2010. L’idée d’un livre a jailli alors que Mme Projean est également dotée d’une belle plume, elle qui signait en 2009 le livre Histoires à coucher dehors; des itinérants se racontent.
La Maison Benoît Labre; 60 ans à aider les plus démunis relate l’histoire de l’organisme par le biais de témoignages. L’auteure a privilégié l’histoire orale. Elle a voulu donner la parole à des personnes qui ont côtoyé le fondateur, qui ont travaillé à la maison, ont été bénévole, qui ont gravité d’une manière ou d’une autre autour de l’organisme. Elle a recueilli le témoignage d’une vingtaine de personnes, incluant celui du cinéaste Denys Arcand, qui y a planté sa caméra pour des scènes de son film Joyeux calvaire, une histoire d’amitié entre deux itinérants.
En début d’écriture, l’auteure a employé un style narratif pour raconter l’histoire de l’organisme. Mais la formule du témoignage s’est imposée assez tôt. «Rapidement, j’ai réalisé que je préférais lire les mots des gens», explique-t-elle. «Je voulais tout entendre ce qu’ils avaient à dire, les meilleurs moments, les meilleures anecdotes», mentionne celle qui s’est livrée à un fabuleux travail de recherche afin de retracer ces témoins de l’histoire, ces voix dont certaines ont plus de 80 ans. «C’est un devoir de mémoire, ce livre-là», résume Karine Projean.
On peut se procurer le bouquin à la maison Benoit Labre située au 308, Young, sur Ruedeslibraires.com ainsi qu’à la Librairie de Verdun, chez Zone Libre et à la librairie Raffin sur la rue Saint-Hubert.