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Manifestation contre la fermeture du Bain Émard

La salle du conseil était bondée pour la séance du 1er novembre. Les citoyens s’étaient déplacés en grand nombre pour demander à l’administration du maire Benoit Dorais de ne pas aller de l’avant avec la fermeture du Bain Émard, du Centre Saint-Paul et de la section des adultes de la bibliothèque Georges-Vanier. «Les élus entendent vos préoccupations, votre grogne, votre colère», a lancé le maire, qui n’a toutefois pas annoncé l’abandon de ces mesures, comme plusieurs l’espéraient.

Ces mesures, on le rappelle, s’inscrivent dans le cadre du plan de compression de 1,6 M$ adopté par l’arrondissement pour boucler son budget 2012.

Regroupant citoyens et organismes opposés à la fermeture de la piscine, la coalition Les Amis du Bain Émard avait organisé un rassemblement devant la mairie d’arrondissement pour exprimer son mécontentement.

Au nom de la coalition, Alain Vaillancourt, président du Club aquatique du Sud-Ouest, un groupe qui utilise la piscine, a remis aux élus une pétition signée par 6000 personnes.

La perte de ce service de proximité «aura un impact plus grand que vous semblez le croire sur les familles», a insisté Anne-Marie Sigouin, une usagère.

«La population fait les frais d’un combat entre la ville centre et l’arrondissement», a déploré Pierre Morrissette, directeur général du Regroupement économique et social du Sud-Ouest (RESO), organisme qui apporte son appui aux Amis du Bain Émard. «Ce sont des services essentiels pour la communauté du Sud-Ouest», a-t-il soutenu.

Pour éviter les fermetures, des citoyens ont suggéré des pistes qui, d’après eux, permettraient à l’arrondissement d’augmenter ses revenus ou de réduire ses dépenses sans toucher à ces installations.

Afin de maintenir ouverte la section des adultes à Georges-Vanier, Michelle Casson a proposé de réaliser des économies en diminuant les heures d’ouverture de l’ensemble des bibliothèques de l’arrondissement. «On va se faire taper sur les doigts. Ce n’est pas une solution», a répondu Benoit Dorais. «Les règles de la Ville font que ces aménagement ne peuvent pas avoir lieu», a-t-il dit.

Avant d’en arriver aux choix contestés, «tous les scénarios ont été étudiés, même ceux qu’on avait écartés d’emblée, dont une taxe spéciale», a expliqué le maire. Doubler le prix des vignettes de stationnement, comme a décidé de le faire l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, ne rapporterait que 25 000$ de plus par année dans le Sud-Ouest, a donné en exemple la conseillère Sophie Thiébaut.

Lueur d’espoir

Benoit Dorais a cependant laissé percer une lueur d’espoir quant à l’amélioration de la situation financière de l’arrondissement.

Une rencontre avec le président du comité exécutif et responsable des finances, Michael Applebaum, et de hauts fonctionnaires incluant le directeur des finances de la Ville, aurait donnée des résultats positifs.

Si la ville centre a soutenu jusqu’à maintenant que l’arrondissement reçoit sa juste part, on concéderait aujourd’hui que l’élastique de ses ressources financières est étiré au maximum; que le Sud-Ouest ne dispose pas de surplus accumulés et qu’il n’est pas assis sur un confortable bas de laine dans lequel il peut puiser pour maintenir les services aux citoyens. La discussion semble donc entamée sur une base commune.

«On va continuer cette stratégie», a dit Benoit Dorais optimisme en regard à ce qui peut résulter du dialogue avec l’administration Tremblay. «On doit maintenir la pression sur la ville centre», a-t-il insisté. Pour lui, l’arrondissement doit «capitaliser sur le fait qu’il y a une certaine ouverture». Le maire a invité la population à mettre aussi de la pression de son côté et à se faire entendre dans le cadre de la Commission des finances qui étudie le budget 2012 de la Ville.

En attendant l’issue de cette démarche, des résidents ont demandé au maire Dorais de reporter d’un an la décision de fermer les installations. À l’instar de plusieurs citoyens, Pierre Morrissette a exprimé son scepticisme face à la possibilité de faire marche arrière une fois que l’on aura franchi le Rubicon. «Une fois qu’il va être fermé, le Bain Émard, une fois qu’elle va être fermée, la bibliothèque, ce ne sera pas évident de les rouvrir», a-t-il dit.

Mais dans l’état actuel de ses finances, l’arrondissement n’a pas le choix, a réitéré le maire. «Si on avait sorti de la bullshit dans le budget, on pourrait faire marche arrière. Mais il n’y en pas d’argent», a-t-il déclaré.

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