Maison Saint-Charles : les organismes pourraient perdre leur toit
La Maison Saint-Charles occupe depuis 13 ans des locaux excédentaires de l’école Charles-Lemoyne située dans Pointe-Saint-Charles. Elle regroupe huit organismes dont le centre de femmes Madame Prend Congé, l’entreprise d’insertion Cuisine-Atout, le Comité des personnes assistés sociales, le Regroupement information logement (RIL) et la Société d’amélioration de Pointe-Saint-Charles (SOCAM). Employant 167 travailleurs, ces groupes desservent chaque année plus de 50 000 personnes. En juillet dernier, la CSDM a confirmé sa volonté de récupérer une partie des locaux loués. Selon les projections, la CSDM prévoit accueillir 1000 élèves de plus par année au cours des dix prochaines années, explique la commissaire scolaire sortante et candidate du Mouvement pour une école moderne et ouverte (MÉMO) aux élections du 2 novembre, Violaine Cousineau. «Il y a une hausse certaine qu’il va falloir gérer», souligne-t-elle. «Il faut s’assurer d’avoir de la place pour accueillir les enfants.» Des besoins croissants sont anticipés en ce qui concerne le projet alternatif en place à Charles-Lemoyne. «On risque de manquer d’espace», estime Mme Cousineau.
Repenser les services
La CSDM a mis sur pied un comité pour repenser son offre de service, particulièrement au secondaire, rappelle Mme Cousineau.
La possibilité de scolariser des jeunes de secondaire 1 et 2 dans le quartier est évoquée. On en saura plus en juin 2015 quand le comité aura complété ses travaux.
Combien d’espace serait requis pour les projets? «On ne peut pas le dire maintenant», indique Mme Cousineau.
«Des organismes pourraient rester sur place», ajoute-t-elle. La CSDM pourrait nouer un «partenariat pédagogique» avec des organismes «dont la vocation éducative pourrait être étroitement liée à celle qui se déploiera dans l’enceinte du bâtiment».
On est dans l’incertitude», soupire Murielle Sauvé, directrice générale de RIL/SOCAM
Les groupes paient moins de 3$ le pied carré en loyer. Dans le privé, c’est facilement quatre à cinq fois plus cher. Et les locaux sont rares dans Pointe-Saint-Charles.
«Notre plan A est de rester ici», insiste Mme Sauvé. «Tous les organismes veulent rester à Pointe-Saint-Charles», dit-elle, soulignant que plusieurs reçoivent leur financement en fonction de leur travail dans le quartier.
Plan B: s’il faut partir, obtenir un délai de 3 à 5 ans, dit-elle. Élaborer un projet permettant de reloger tout le monde sous un même toit prendra du temps. «Une solution viable dans un délai court comme ça, ça n’existe pas», juge Guy Thibault, directeur général de Cuisine-Atout. «C’est un dossier qui prend environ quatre ans à monter.»
«On prévoit déjà un déficit», confie Micheline Cromp, coordonnatrice de Madame Prend Congé. Dans ce contexte, consacrer davantage au logement, ça voudrait dire des coupures de postes et d’activités, anticipe-t-elle.
Mme Cromp souligne la synergie entre les organismes. «On a beaucoup de force ensemble», dit-elle. La proximité constitue notamment un atout pour le travail de référence.
Guy Thibault précise qu’une somme de 1 M$ a été investie pour l’aménagement des lieux. En plus d’une subvention du gouvernement du Québec, les organismes avaient emprunté 500 000$. Et un autre montant de 60 000$ a été dépensé pour des aménagements au cours des trois dernières années alors que la Maison Saint-Charles semblait là pour rester. «L’élément le plus difficile à digérer, c’est ça», dit-il. «Investir tout cet argent et se retrouver au bout de 15 ans le bec à l’eau.» D’autant plus que pour M. Thibault, «les justifications requises ne sont pas là».
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