Sud-Ouest

Célébrer la persévérance et la résilience

Célébrer la persévérance et la résilience
Photo: GracieusetéDoris Sheriff photographiée en compagnie de ses quatre enfants Isha, Modris, Leslie et Modibo.

Mamans de jeunes enfants, elles vivent au quotidien une course contre la montre en retournant sur les bancs d’école. La Clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles a tenu à célébrer leur courage lors de la soirée «Moi, j’décroche mon diplôme!», une initiative unique au Québec.

En 2009, la travailleuse sociale Maria Costa, la nutritionniste Lina Hu et l’infirmière Karole Poirier constataient l’isolement de jeunes mamans et de femmes enceintes. Elles ont voulu créer un événement pour leur donner la motivation de retourner aux études, mais aussi pour saluer leurs efforts. Elles étaient présentes pour voir le sourire qui se dessinait sur le visage de chacune des 17 récipiendaires qui jonglent pour concilier famille et études.

Arrivée de la Sierra Leone il y a 16 ans, Doris Sheriff étudie pour devenir infirmière auxiliaire au Centre de formation professionnelle de Verdun. «Il n’y a jamais de bon temps pour retourner aux études et c’est difficile au plan physique et moral», raconte cette maman monoparentale de quatre enfants âgés de 12, 7, 5 et 2 ans.

L’épreuve ultime est lorsque l’un d’eux tombe malade. Elle doit redoubler d’ardeur pour reprendre les jours d’absence. Doris souhaite devenir un modèle pour eux. Sa journée débute à 5h. Elle les reconduit à l’école ou à la garderie. À pied ou en autobus. Au retour vers 15h30, commence les devoirs, souper, bain. «Je fais mes devoirs vers 21h et j’étudie parfois jusqu’à minuit», témoigne Doris.

Fierté

De son côté, Mélissa Lachapelle a interrompu ses études en deuxième secondaire, victime d’intimidation et aux prises avec des problèmes familiaux. La jeune maman de trois enfants de 10, 8 et 4 ans s’est résignée à renoncer à ses études collégiales en éducation spécialisée.

«J’ai un enfant dysphasique avec des besoins particuliers, je n’avais pas le choix de mettre mon projet sur la glace, le temps que mes soient plus autonomes», raconte Mélissa.

Ce renoncement temporaire a affecté son moral. Heureusement, elle a obtenu le soutien de son école. La responsable de l’aide pédagogique individuelle l’a encouragée à poursuivre. Entre-temps, elle a entrepris un Diplôme d’études professionnel (DEP) au CFP des Carrefours à Verdun et rêve de devenir secrétaire médicale.

Mélissa Lachapelle, entourée de ses trois enfants, Mickael, 10 ans, Matthew, 8 ans et Léa-Kym, 4 ans.

La jeune femme de 29 ans estime que l’important, c’est d’aller de l’avant. «Il ne faut pas baisser les bras, dit-elle. Avec la volonté, on peut réussir.»

Ses excellents résultats témoignent de sa détermination. «Quand on veut vraiment quelque chose, il ne faut pas abandonner, ajoute celle dont les enfants sont fiers de sa réussite. Le parcours scolaire est parfois entrecoupé d’essais et d’erreurs, mais il faut garder la foi.»

Positivisme

Quant à Mariette Eshasa, elle a commencé des études d’infirmière auxiliaire en septembre. Cette maman de quatre enfants, originaire du Congo, peut compter sur l’aide

de son mari.

«Ce n’est pas facile, mais je veux un jour assurer la sécurité financière pour mes enfants», soutient-elle.

Elle vise d’obtenir son diplôme en avril 2020. Mariette et ses compagnes ont toutes vécu la fatigue et le découragement. «Il faut rester positive», allègue Mariette.

C’est d’ailleurs ce que met en pratique Doris Sheriff, qui garde en tête la maxime : «Fais ce que tu dois, poursuis ton rêve, car personne d’autre ne va le faire à ta place.»

Durant la soirée, les 17 récipiendaires ont partagé un gâteau récompensant leurs efforts. Gracieuseté

 

 

 

 

 

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