Île-des-Sœurs
17:14 14 avril 2021 | mise à jour le: 14 avril 2021 à 17:14 temps de lecture: 4 minutes

Le défi d’ouvrir un commerce de proximité à L’Île-des-Sœurs

Le défi d’ouvrir un commerce de proximité à L’Île-des-Sœurs
Photo: Katrine DesautelsLes trois entrepreneures gardent le lieu de Choix Sensés confidentiel pour le moment, mais elles assurent que ce sera à L’Île-des-Sœurs.

 L’Île-des-Sœurs possède peu de commerces de proximité, un problème reconnu par la Ville de Montréal. Cela s’explique en partie parce que les locaux y sont particulièrement dispendieux. Trois sœurs sont tout de même motivées à ouvrir prochainement une épicerie zéro déchet à L’Île. Elles ont lancé une campagne de sociofinancement pour les aider à avoir la mise de fonds nécessaire au démarrage.

Virginie Trinel, Agathe Gouin et Caroline Trinel ont grandi à L’Île. Même si elles habitent maintenant ailleurs, elles conservent un fort sentiment d’appartenance pour L’Île-des-Sœurs. Pour elles, ouvrir à cet endroit est le critère numéro un.

L’épicerie qui se nomme Choix Sensés devrait ouvrir à la fin du mois d’août. Les copropriétaires ont réalisé un sondage il y a quelques semaines qui a relevé qu’un peu plus de la moitié des répondants sont intéressés par l’achat d’articles en vrac, mais que par manque d’accessibilité à L’Île, ils n’adhèrent pas à cette méthode de consommation.

Les baux commerciaux à L’Île sont souvent deux fois plus chers que sur la terre ferme. Avec leur campagne de sociofinancement, elle désire avoir un coup de pouce pour démarrer leur entreprise. Elles ont déjà amassé plus de 3000$ et leur objectif est d’atteindre 10 000$.

«On est très excité d’ouvrir, mais on est présentement dans une zone d’ombre, mentionne Virginie. Pour avoir le financement, il faut signer le bail et pour avoir le bail il faut le financement.»

Par ailleurs, les partenaires ne veulent pas lancer une chaîne d’épicerie. Elles désirent plutôt mettre leur énergie dans un seul commerce de proximité et éventuellement s’impliquer dans la communauté. Elles désirent par exemple collaborer avec des écoles ou encore contribuer à la guignolée de Noël.

Genèse

Le projet a démarré alors que Virginie, qui est gestionnaire de vente au détail en cosmétique, était en congé de maternité. Elle se déplaçait dans plusieurs magasins zéro déchet pour trouver tout ce dont elle avait besoin. Elle a donc décidé il y a deux ans de créer son site Web qui regroupe divers produits zéro déchet.

C’est au mois d’octobre que l’idée de faire du site Web également une épicerie en vrac est née. Agathe qui est étudiante au baccalauréat en enseignement des mathématiques jugeait qu’avec la pandémie ce n’était pas le bon moment de débuter sa carrière d’enseignante.

Elle a appelé Virginie pour lui proposer d’ouvrir une épicerie et tout de suite elle a accepté. Rapidement un trio s’est formé lorsque Caroline, qui est professeure de yoga et qui travaille en marketing, a aussi accepté de se lancer dans l’aventure.

Les trois femmes ont décidé de créer le projet d’abord parce qu’elles sont elles-mêmes consommatrices de produits en vrac. «Avec la pandémie, les gens réalisent que l’achat local est important et aussi de prendre soin de soi et de la planète», souligne Caroline.

«Pour chaque produit qui arrive en épicerie, on veut que les clients soient sûrs qu’on y a réfléchi et que c’était la meilleure option qui produisait le moins de déchets.» -Agathe Gouin

Dans l’épicerie, on retrouvera l’essentiel pour le garde-manger et des produits avec des contenants réutilisables comme des sauces en pot. Le commerce aura une section pour les enfants, les animaux, pour la salle de bain et des produits ménagers. Il y aura aussi des paniers de fruits et légumes qui auront été sauvés du gaspillage.

«Le zéro déchet c’est un concept large. Personne n’a la même définition parce qu’il ne s’agit pas juste de ce que tu jettes dans ta cuisine, explique Agathe Gouin. C’est beau si tu ne mets pas de déchets dans ta poubelle, mais si ton produit en vrac a créé beaucoup de déchets avant d’arriver chez toi, ce n’est pas mieux.»

Les copropriétaires n’ont pas encore décidé de tout ce qui sera offert, mais une chose est certaine, il n’y aura pas de poisson ou de viande. Elles désirent rester à l’écoute de la clientèle, par exemple pour voir si des kiosques de fruits et de légumes saisonniers seraient populaires dans le commerce de proximité.

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