Une capsule pour retrouver l’instinct parental
Le Regroupement des organismes communautaires famille de Montréal (situé à Villeray), la Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ), Halte la Ressource, La Pirouette et le Regroupement intersectoriel des organismes communautaires de Montréal ont décidé de s’unir afin de «contrer le puissant discours de l’État et de la Fondation Chagnon».
Laurence Lagouarde, de la FAFMRQ, élabore. «Lorsque tout devient un dogme ou une norme, les parents se mettent à craindre que s’ils ne font pas ceci ou cela, leur enfant ne sera pas assez stimulé, et qu’après l’âge de 5 ans, ils sont irrécupérables. La pression est très forte sur les parents lorsqu’ils lisent « les études disent que… ». Mais il ne faut pas se sentir coupable de ne pas tout faire ce qui est écrit. On veut simplement amener les parents à questionner les dogmes.»
Dans la première capsule nommée Coucher de bébé (disponible sur le site YouTube), lancée le 27 février au Café l’Artère, des parents en train d’endormir leur enfant s’obstinent sur la bonne façon de le mettre au lit, et se lancent des théories d’experts toutes contraires les unes aux autres.
Un panel d’invités composé de Denyse Baillargeon, professeure d’histoire à l’Université de Montréal, Nadine Descheneaux, auteure du blogue Les (z)imparfaites et Mathieu Boily, sociologue était réuni pour le lancement. La professeure Baillargeon soutient que le peu d’enfants par femme mènerait celles-ci à écouter davantage les experts. «Dans les années 1930, les femmes suivaient aussi l’avis de leur médecin à la lettre à leur premier enfant. Mais rendues au sixième, elles savaient à quoi elles avaient affaire et jugeaient par elles-mêmes.» Le nombre moyen d’enfants par famille québécoise, aujourd’hui, est de 1,7.
Mme Descheneaux constate pour sa part que tous ces avis d’experts inhibent la capacité d’action des mères. «Il y a de bons côtés à être informé, mais un moment donné, on est figées quand il faut prendre une décision. On en oublie de se connecter avec notre instinct maternel.»
«C’est qui l’expert du coucher? C’est l’enfant, l’expert», conclut Mme Lagouarde.