Abus envers les aînés : «Brisons le silence»
Selon Sylvie Désilets, de la direction des services aux personnes en perte d’autonomie au CSSS Cœur-de-l’île, ce nombre élevé d’appels est surtout lié à l’information reçue par les victimes.
Et c’est ce sur quoi travaillent les différents acteurs de la table intersectorielle Abus-Maltraitance-Isolement (AMI) des aînés. Dans le cadre de la tournée Ainés Avisés le CSSS, le Poste de quartier 31, Tandem et la FADOQ travaillent main dans la main.
Par le biais de séances d’information, les intervenants expliquent aux personnes âgées comment reconnaitre et prendre conscience des différentes formes d’abus. L’équipe leur présente des capsules vidéo rapportant des témoignages de victimes. Outre la négligence et la maltraitance, la question de la fraude, incluant le vol d’identité est aussi abordée. La présentation permet de mettre des mots sur les maux. «Cette tournée c’est un levier de sensibilisation et de dépistage», souligne Jean-François Charland, intervenant chez Tandem Villeray.
Mettre un visage sur les ressources
HLM, résidences privées, ressources d’hébergement et centres de loisirs, les visites se déroulent sur les lieux de fréquentation des personnes âgées. Depuis le début du mois de mars, 160 aînés de huit résidences privées et HLM ont assisté aux séances d’information. La Table prévoit en visiter encore trois d’ici l’automne. La visibilité fournie par ces mesures préventives permet aussi une circulation plus accrue de l’information auprès de la population âgée.
Cette intervention sur le lieu de vie des têtes grises est aussi un moyen pour cette population fragile de mettre un visage sur les ressources qui leur sont offertes.
«Nous voulons leur montrer que plusieurs portes d’entrée leur sont ouvertes», souligne Christine Cayouette, agent sociocommunautaire du Poste de quartier 31.
Enfin, la présence des intervenants sur place est un moyen d’établir un lien de confiance, souvent fragile et difficile à consolider. «C’est au fil du temps que l’on se rend compte qu’une personne est abusée. Des fois on la soigne pour du diabète et on se rend compte de l’isolement ou de l’abus psychologique de la personne», rapporte Mme Désilets.
Cercle insidieux
Dans la plupart des cas, les sévices, qu’ils soient psychologiques, moraux ou physiques, sont infligés par les proches. Conséquence: les victimes ne dénoncent pas toujours les situations. Une crainte à laquelle s’ajoutent la honte, la culpabilité et la méconnaissance des formes d’abus. Paradoxe, très souvent les abuseurs n’ont pas conscience que leur acte puisse les mener au tribunal. «Les ainés ont des difficultés à accepter de l’aide du fait de leurs dépendances à leur abuseur. En même temps, pour les abuseurs, leur comportement est normal», constate Mme Cayouette. «C’est un cercle insidieux», s’indigne Esther Roy, chef de programme d’aide à domicile qui souhaite que «les personnes âgées soient reconnues à leur juste valeur.»
Fragiles car isolés
L’isolement des aînés renforce leur fragilité. Christine Cayouette, agent sociocommunautaire du Poste de quartier 31 constate que certains secteurs sont habités par des aînés résidents seuls. Elle cite notamment les quartiers situés à l’ouest de Saint-Laurent et au sud de la rue Jarry ainsi qu’à l’est de l’avenue des Érables et au sud de la rue Tillemont.
Fraude et abus
Parmi les différents types d’abus et de fraude citons:
– La négligence
– L’exploitation financière ou matérielle
– L’âgisme et l’abus social
– La violence physique
– L’abus psychologique
– Le vol d’identité
– La fraude par méthode de paiement ou encore en matière de placements
Plus d’infos au www.fadoq.ca/aineavise