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Dans la tourmente de Normand Chaurette

Favereaux Anne-Laure - TC Media
Pour son ouvrage Ce qui meurt en dernier, l’auteur Normand Chaurette a reçu le prix du Gouverneur général. Récompensé pour la troisième fois de sa carrière, l’auteur Villerois fuit malgré tout les médias. Pas d’entrevues à la télévision ni à la radio, et celles qu’il accorde se font par téléphone.

Très solitaire, ce Villerois depuis 15 ans dit vivre «sur une autre planète». Il apprécie la vie de quartier, la proximité du marché Jean-Talon et du Parc Jarry, mais ce n’est pas ici qu’il puise son inspiration.

Quand il la cherche, il voyage pour «s’installer dans un endroit et y demeurer». Agoraphobe, l’homme est toujours ailleurs. L’été dernier, il a passé quelques semaines dans le cercle polaire et affectionne particulièrement Paris.

Pas de cellulaire encore moins de compte Facebook ou Twitter, l’homme tourmenté se définit comme «primaire ». Le fil directeur de ses œuvres? La souffrance. «Je fais un focus sur la souffrance d’être là, le vide de l’être humain», dit-il.

Il remet d’ailleurs la totalité des 25 000 $ reçus dans le cadre du Prix du Gouverneur général à Moisson Montréal.

Prolifique mais méconnu

Récipiendaire d’une multitude de prix au cours des dernières années, l’auteur n’est pourtant pas très connu du grand public. Ses pièces sont principalement jouées dans des petits théâtres. «Je ne suis pas un auteur très populaire. Mes pièces sont axées sur le symbolisme, l’introspection. Je ne remplis pas les salles de façon systématique, excepté pour Edgar et ses fantômes mais je ne recherche pas les gros succès.» En tant que spectateur, il se nourrit de cinéma d’auteur et de pièces peu connues.

Quand il parle de littérature, l’enseignant à l’École Nationale du Théâtre enchaîne les figures de styles musicales. « Le théâtre passe par le corps et la voix. Travailler pour des acteurs, c’est travailler avec de merveilleux instruments de musique. » S’il n’écrivait pas, M. Chaurette serait pianiste, sa deuxième passion.

Shakespeare in love

Normand Chaurette traduit aussi les œuvres de Shakespeare, un auteur qu’il adule depuis son enfance. «C’est un puits sans fond, complexe, il rejoint toujours l’être humain. C’est un auteur qui me parle à cause des légendes comme Roméo et Juliette. »

Au Salon du livre, il a d’ailleurs fait la promotion de son livre Comment tuer Shakespeare manuel d’introduction aux œuvres de l’auteur. Il a aussi traduit la pièce Le Roi Lear qui sera présentée au Théâtre du nouveau monde en mars prochain.

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