Les femmes ont peur à Parc-Extension
Selon la recherche d’évaluation des besoins en matière de sécurité pour les femmes et filles à Parc-Extension, de nombreuses femmes de Parc-Extension s’isolent ou s’empêchent de sortir à la tombée de la nuit, car elles craignent pour leur sécurité.
«On voit peu de femmes dans les rues, car elles préfèrent rester chez elles. On a remarqué que plus de 50% de la population féminine évitent les lieux publics», rapporte Marie-Ève Desroches, analyste du projet «Où sont les femmes et les filles?».
Des résidentes ont avoué s’enfermer chez elles. «Dans la journée, je me sens en sécurité, mais dès qu’il fait nuit, j’ai peur. Je ne sors pas de chez moi», reconnaît Hajar Belkacem.
Un sentiment partagé par Shalina Khatun. «Il y a beaucoup d’itinérants qui quêtent et qui s’approchent énormément de toi et ça m’effraie.
Cette peur se transmet également au sein des membres d’une même famille. La conseillère de Parc-Extension, Mary Deros, a aussi vécu cet isolement quand elle était jeune.
«Quand je suis arrivée dans le quartier, mon frère ne voulait pas que je sois dehors. Après l’école, il me disait que ma mère me demandait, pour que j’aille directement chez moi. Je voulais simplement sortir sans faire quelque chose d’illégal», raconte Mme Deros.
Le danger dans les rues
Selon un sondage effectué par Femmes et filles international auprès de la gent féminine de Parc-Extension, les rues les plus «dangereuses» sont l’avenue Beaumont ainsi que les rues Jarry et de Liège. Cette dernière est particulièrement touchée par la problématique du harcèlement.
«On est allé tester la rue de Liège et en effet, on y retrouve beaucoup de harcèlement sur rue. Des hommes suivent des femmes sur plusieurs mètres, les sifflent ou encore leur font des commentaires déplacés. Ça peut être intimidant», mentionne Mme Desroches.
Des résidentes ont aussi rapporté se faire arracher leur sacoche et leurs bijoux dans certains endroits du quartier. «Cet été, Un homme s’est approché de mon amie et lui a arraché le collier qu’elle portait au cou», raconte Mme Khatun.
Se protéger
Les lieux publics et les rues sont les endroits qui effraient le plus la population féminine qui se trouve divers moyens pour se protéger.
«Les femmes utilisent beaucoup de stratégies d’isolement ou d’évitement. Par exemple, elles ne sortiront de la maison le soir, seront accompagnées dans leurs déplacements, éviteront certains coins ou auront un cellulaire sur elles. De plus, ces techniques se transmettent de génération en génération», indique Mme Desroches.
Mme Belkacem souligne éviter les ruelles impropres et les endroits moins éclairés, car elle s’y sent moins en sécurité.