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Le monde a de plus en plus chaud

Photo: Getty
Elisabeth Braw - Metro World News

Quand l’oura­gan Sandy a frappé la côte est, même les plus bruyants négateurs du réchauffement plané­taire ont dû revoir leur position. Et n’oublions pas une chose : 90 % des villes de la planète se trouvent près des côtes. La moitié d’entre elles doivent déjà composer avec les effets du chan­gement climatique.

Le changement climatique, cela signifie l’augmentation du niveau de la mer, n’est-ce pas? Bien sûr – mais dans un avenir relativement lointain. «Certains effets sont plus immédiats. Par exemple, plus les températures grimperont, plus les réseaux de métro deviendront chauds, ce qui entraîne­ra davantage de malaises parmi les usagers, craint Rohit Aggarwala, conseiller spécial auprès de la présidence du C40 Cities Clima­te Leadership Group. Les villes devront fournir des bouteilles d’eau froide dans le métro.»

Par ailleurs, bien qu’on associe souvent le changement climatique aux désastres naturels qui surviennent dans les pays en développement, ce phéno­mène a aussi commencé à affecter les pays industrialisés.

«Cette année, nous avons pu constater que l’environnement dans les pays industrialisés a subi des modifications, note Elizabeth Hadly, professeure de biologie à l’Université Stanford. Les changements qui ont eu lieu dans le passé se sont produits sur de beaucoup plus longues périodes de temps. Celui que nous observons aujourd’hui bouleversera notre mode de vie.»

À l’instar des oiseaux, qui doivent désormais migrer plus au nord pour trouver leur nourriture, les êtres humains devront s’adapter. Cette nécessité risque cependant de créer une très forte pression sur les frontières et de redéfinir fondamentalement les politiques d’immigration.

En ville, de plus petits changements pourraient néanmoins avoir d’importants effets. «Des maladies tropicales pourraient se répandre partout à cause de la hausse des températures, soutient M. Aggarwala. Les municipalités seront donc peut-être obligées de demander à leurs résidants d’installer des moustiquaires à leurs fenê­tres. Et à cause des risques plus élevés d’inondation, elles pour­raient aussi exiger que les panneaux électriques, qui se trouvent en général au sous-sol, soient installés à l’étage. Pour la même raison, il faudra prévoir des systèmes de signalisation qui résistent à l’eau dans les métros.»

Certaines villes ont déjà réfléchi à des moyens d’emmagasiner l’eau des crues provoquées par le changement climatique, tandis que d’autres se préparent à élever le niveau de leurs bâtiments et de leurs rues. Rotterdam, une ville portuaire hollandaise située sous le niveau de la mer, a déjà mis en place de telles innovations. «Nous avons aménagé une cham­bre de stockage souterraine dans un stationnement public pour faire face aux inondations, explique l’urbaniste Chantal Oudkerk Pool. Nous disposons aussi d’un pavillon flottant, que nous comptons agrandir jusqu’à en faire une petite ville flottante.»

Mais, outre la fonte des glaces, le changement climatique en lui-même ne doit pas nous effrayer, insiste M. Ag­gar­wala. «Nous devons accepter que c’est en train de se produire. La bonne nouvelle pour nous, citadins, c’est qu’en regard du changement climatique, il est préférable de vivre en ville plutôt qu’à la campagne. Il est en effet plus facile d’obtenir des soins de santé et de l’information dans un centre urbain. Et il est aussi plus simple d’évacuer une ville.»

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