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Les vins québécois font leur entrée à l’épicerie

Les vins québécois font leur entrée à l’épicerie

Les vins québécois peuvent désormais être vendus dans les épiceries et les dépanneurs. La loi le permettant est entrée en vigueur le 14 décembre, au grand bonheur des vignerons d’ici, dont Yvan Quirion, propriétaire du vignoble Domaine Saint-Jacques à Saint-Jacques-le-Mineur et président de l’Association des vignerons du Québec (AVQ).

«Les plus petits vignobles vont être capables de vendre plus que quatre à cinq mois chez eux, entre juin et septembre, se réjouit-il. Ça va leur permettre d’avoir des revenus toute l’année.»

Du coup, les vignerons hausseront considérablement leur volume de ventes, en plus de faire connaître des cépages qui sont propres au terroir québécois, selon lui.

M. Quirion estime qu’une centaine des 125 vignobles de la province vont vouloir vendre leurs produits en épicerie ou dans les dépanneurs.

«Ils vont faire déguster leurs produits et ils vont raffiner la vinification et les assemblages parce qu’ils vont avoir le pouls de la clientèle», estime-t-il.

«Les vignerons québécois vont aller chercher une clientèle locale et ça va leur permettre de positionner leur marque.» – Yvan Quirion, président de l’Association des vignerons du Québec

Nouvelle loi

Les règlements qui accompagnent la nouvelle Loi sur le développement de l’industrie des boissons alcooliques artisanales stipulent que les cépages (type de raisin) et les millésimes (l’année de récolte) pourront être affichés sur les étiquettes des vins québécois vendus en épicerie.

«Ceux qui voudront aussi aller à la SAQ n’auront pas besoin de faire imprimer deux sortes d’étiquette, explique M. Quirion. Ils pourront utiliser la même à l’épicerie et qu’à la SAQ.»

Ces vins devront aussi démontrer une garantie de qualité en étant contrôlés dans les laboratoires de la Société des alcools du Québec (SAQ) ou ceux reconnus par la SAQ.

En février 2016, lors de la commission parlementaire, qui a précédé l’adoption de cette loi, l’AVQ avait plaidé pour que les vins québécois puissent être disponibles sur les tablettes des épiceries et dépanneurs.

Réactions

«Alléluia!, s’exclame Yvon Roy, propriétaire du Vignoble Morou, situé à Saint-Cyprien-de-Napierville. C’est une ouverture du marché pour l’ensemble de l’industrie, dit-il. Ça donne plus d’accessibilité à des petits vignobles comme le nôtre et ça nous laisse une marge bénéficiaire plus intéressante.»

Le Vignoble Morou a été mis en vente il y a quelques mois. En attendant, M. Roy compte bien faire son entrée à l’épicerie.

«Notre mois de décembre est déjà booké, explique-t-il. On fait plusieurs marchés de Noël. C’est notre plus gros mois de l’année en termes de ventes. On va s’occuper des épiceries après les Fêtes.»

Même réaction joyeuse pour  Mireille Élie, propriétaire du Domaine Clos Saint-Bernard, à Saint-Bernard-de-Lacolle.

«Il était temps que ça se fasse, dit-elle. C’est une ouverture. C’est un plus.»

Ce vignoble, qui a démarré ses activités en 2011, produit environ 11 000 bouteilles annuellement. Ses produits sont en vente dans une cinquantaine de succursales de la SAQ. Malgré tout, Mme Élie a l’intention de rendre ses produits disponibles en épicerie.

«La chaîne Metro s’est montrée intéressée à avoir un kiosque, ajoute-t-elle. On ne vendra pas nécessairement dans les alentours. C’est à voir.»

Les vins du Vignoble 1292, situé à Saint-Blaise-sur-Richelieu, ne sont pas vendus à la SAQ. L’entrée en vigueur de cette loi permettra à ses propriétaires d’obtenir plus de visibilité en dehors de la haute saison.

«On a l’intention d’approcher les détaillants pour commercialiser nos produits en épicerie, explique Christiane Allard, propriétaire. C’est une très belle opportunité pour des vignerons comme nous. Ça va donner accès à nos produits toute l’année.»

Mme Allard compte approcher davantage les épiciers locaux, mais aussi les épiceries fines de l’extérieur de la région qui se spécialisent dans les produits du terroir québécois. Le vignoble qui produit environ 5000 bouteilles par année a déjà été approché par des détaillants de la région de Montréal.