Carrières

Olivier Bernard, le pharmachien

Olivier Bernard, le pharmachien
Photo: Daphné Caron/UrbaniaOlivier Bernard alias le Pharmachien

Entrevue. Un pharmacien s’est donné pour mandat d’éduquer la popu­lation, un dessin à la fois. Sur son blogue, lepharmachien.com, il nous apprend que l’homéopathie, ça ne sert à rien, pas plus que les produits pour détoxifier le système si on vient de se bourrer la face de cochonneries.

Pourquoi t’es-tu donné la mission d’éduquer les gens sur les médicaments?
Avec les pharmacies en ligne, où on peut obtenir des médicaments parfois sans ordonnance, les gens doivent être plus responsables par rapport à leur santé, mais avec l’internet, c’est difficile de trouver une source d’information fiable. Moi, j’ai toujours aimé communiquer. J’étais rédacteur en chef du journal de pharmacie à l’école. Ce que je préfère, c’est défaire les mythes.

C’est quoi, la pire niaiserie que tu entends derrière ton comptoir de pharmacien?
Les gens pensent que, quand c’est chimique, c’est mauvais, et quand c’est naturel, c’est bon. Ils ne réalisent pas que les médicaments sont d’origine naturelle et que des tonnes de substances naturelles peuvent tuer. Les vitamines, par exemple, ça peut nuire à la santé.

Ah oui?
Trop de vitamine A, c’est neurotoxique, ça atteint le cerveau. Tu peux faire une hypervitaminose, c’est super dangereux. À peu près n’importe quel produit naturel sur les tablettes, si t’en prends trop, ça va te tuer.

T’as aussi une dent contre l’homéopathie. Pourquoi?
Je pense que c’est l’arnaque du siècle. Ce sont des placebos. C’est pareil comme boire un verre d’eau du robinet. C’est super utile pour les gens qui ont trop d’argent et qui cherchent un moyen de s’en débarrasser.

Pourquoi vous en vendez alors?
L’homéopathie, les colliers de noisetier, les produits détoxifiants, les pharmacies en vendent parce que les clients en demandent. Les pharmaciens propriétaires veulent faire plaisir à leur clientèle. Moi, j’éduque les gens sur mon blogue pour qu’ils cessent d’en demander et que ces produits-là meurent par eux-mêmes.

Et les suppositoires, ça fonctionne?
Oui, mais c’est moins populaire au Québec qu’en Europe, par exemple. Ici, on n’est pas super confortable avec ce procédé, on dirait.

Pourquoi utilises-tu la bande dessinée pour traiter d’un sujet aussi sérieux?
Moi, personnellement, pour apprendre, je dois m’amuser. Être assis et lire des textes qui n’en finissent plus, ça m’ennuie. Pour moi, la bande dessinée, c’est un moyen de rendre les choses accessibles. Même si je sais pas dessiner, je persiste parce que, quand je regarde le produit fini, moi-même ça me fait rire.

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