Société

Quand la crise du logement affecte les tout-petits

Photo: iStock

Les tout-petits sont directement affectés par la crise du logement, notamment à cause de la détresse de leurs parents, montre un nouveau sondage de l’Observatoire des tout-petits. Près d’un parent de jeunes enfants sur trois (30%) dit avoir un niveau de stress élevé à cause de la hausse des prix et d’autres problèmes.

Le sondage montre que les parents sont presque deux fois plus affectés par la crise lorsqu’ils sont locataires. Les familles monoparentales et immigrantes sont aussi plus touchées. De plus, plus de la moitié des parents locataires affirment être stressés par les fins de mois à boucler et les factures à payer.

La directrice de l’Observatoire des tout-petits (OTP), Fannie Dagenais, tire la sonnette d’alarme sur les conséquences désastreuses de la crise du logement sur les tout-petits. Selon elle, les enfants dont les parents habitent un logement trop cher ont souvent un plus petit poids que les autres enfants. Pour cause: les parents qui doivent payer un loyer trop cher se retrouvent avec moins d’argent pour les besoins de bases comme l’alimentation.

Pour payer le loyer, trois parents locataires sur cinq doivent changer leurs habitudes. Près de 40% d’entre eux limitent les activités avec leurs enfants et 19% réduisent la quantité de leur épicerie.

Pour l’OTP, le sentiment de compétence parentale peut se voir diminué et les risques de maltraitance peuvent par la suite augmenter.

L’accumulation des sources de stress peut rendre les parents moins disposés à bien répondre aux besoins de leur enfant.

Fannie Dagenais, directrice de l’Observatoire des tout-petits

Des défis de taille pour les parents

Le contraste entre 2022 et la situation prépandémique est frappant pour de nombreuses personnes. Plus de trois parents de tout-petits sur cinq affirment qu’il est plus compliqué de trouver un logement abordable qu’avant la crise sanitaire.

Pour près de 41% des parents, l’accès à un logement de taille suffisante est aussi plus compliqué qu’avant. Il devient difficile de trouver un logement avec un nombre suffisant de pièces.

Les familles se retrouvent donc dans des logements qui ne répondent pas à leurs besoins et qui sont parfois insalubres. Le télétravail devient ainsi un calvaire pour ces parents en manque d’espace, souligne l’OTP.

Le gouvernement «n’a pas respecté ses engagements»

Devant cette situation, de nombreux acteurs tentent d’accélérer la construction de logements sociaux et abordables. C’est le cas du projet de la Communauté Saint-Urbain. Il vise à requalifier les espaces désaffectés de l’Hôtel-Dieu de Montréal. Au total, 300 logements sociaux et abordables y seront construits en priorité et mis à la disposition des familles dans le besoin.

Selon le président de la communauté Saint-Urbain, Dimitri Roussopoulos, la Coalition avenir Québec (CAQ) s’était engagée, si elle était élue, à collaborer avec la Communauté Saint-Urbain dans les 100 premiers jours de son mandat. Or depuis quatre ans, c’est le «silence radio».

Le terrain qui accueillera le projet appartient au gouvernement provincial. Québec serait prêt à donner le terrain à la Ville de Montréal, qui accueille «très chaleureusement» le projet. Cependant, les négociations entre la Ville et Québec autour du coût pour maintenir les pavillons existants en bon état avant l’arrivée du projet sont «bloquées».

La CAQ n’a pas respecté ses engagements. […] Si on est rationnel, on ne comprend pas pourquoi le gouvernement du Québec refuse d’avancer sur ce front-là.

Dimitri Roussopoulos, président de la Communauté Saint-Urbain

La Communauté Saint-Urbain organisera une nouvelle assemblée publique à la mi-septembre pour exercer la pression nécessaire sur les différents paliers gouvernementaux.

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