Volkswagen Touareg 2011: Pourquoi choisir?
Rares sont les constructeurs en Amérique du Nord qui proposent les motorisations hybride et diesel. Soit c’est l’une, soit c’est l’autre… ou bien ce n’est rien du tout. Alors, bravo à Volkswagen, qui s’est demandé: pourquoi choisir? Et qui, à cette question existentielle, a répondu: on peut tout avoir.
Le nouveau Touareg nous arrivera donc en version TDI (automne prochain) et en version hybride (année-modèle 2012). Il s’agira alors du tout premier véhicule hybride du constructeur allemand. C’est dire que, pour la frugalité sur autoroute, on pourra encore choisir le V6 TDI (3,0 litres) avec ses 225 chevaux et son impressionnant 406 lb-pi de couple. À l’autre bout du spectre, la conduite urbaine pourra compter sur la propulsion essence-électricité, pour un combiné – attention, roulements de tambour… – de 8,2 L/100 km. C’est excellent – en autant que ça s’avère exact.
Y’a du Cayenne là-dessous…
Le Touareg de base continuera d’être propulsé par un V6 à essence (3,6 litres) à injection directe de 276 chevaux. La transmission automatique gagne deux rapports, pour un grand total de huit – seuls BMW et Lexus en offrent autant. Toutefois, ce V6 est non seulement l’un des moins puissants à se lover sous le capot de l’utilitaire, il est aussi celui qui boit le plus (9,9 L/100 km). Sur papier, il avale le 0-100 km/h aussi vite que le V6 TDI, soit en 7,8 secondes. Mais dans les faits, ses reprises sont moins convaincantes.
C’est que le Touareg TDI l’a vraiment, l’affaire. Sa conduite est dynamique, sa tenue de route, sportive (n’oublions pas qu’il partage sa plateforme avec la Porsche Cayenne), et ses accélérations sont puissamment linéaires. La nouvelle boîte à huit rapports est douce et d’une belle logique – jamais nous n’avons senti le besoin de nous mêler de sa course.
La direction est également un charme à manier, tant pour sa précision que pour sa légèreté, tandis que la suspension mise davantage sur la fermeté que sur le confort – on aime. Cela dit, on aimerait que la suspension à air optionnelle soit offerte sur notre marché, mais une question de coût nous privera sans doute de ce système. Dommage.
On laisse tomber le «X»
Justement, parlons de privations: il nous faut oublier, en Amérique du Nord du moins, le véritable système 4 x 4 4XMotion dont bénéficiait la première génération de l’utilitaire. Le nouveau Touareg ne se présente qu’en 4Motion, sans le «X», une simple traction intégrale permanente assurée par un différentiel à glissement limité Torsen.
C’est peut-être une grande perte pour les randonnées en forêt, mais la décision est logique: ça sauve des pièces, donc du poids et du carburant. Et, de toute façon, qui mènera son Touareg de près de 50 000 $ dans les bois? Les plus aventureux, qui désirent jouir des capacités hors route de l’actuel Touareg, devront… déménager en Europe, là où le 4XMotion continue d’être offert.
Un premier Volks hybride
Et l’hybride, dans tout ça? Le Touareg, qui se veut «vert», a choisi un système parallèle, comme chez Lexus/Toyota, et qui vise d’abord la performance. Avec ses 374 chevaux combinés, cette variante hybride sera le top of the line de notre gamme. Le V6 TSI (turbo) de 3,0 litres et son moteur électrique de 35 kW promettent un 0-100 km/h en 6,5 secondes, mais l’économie d’essence d’un quatre cylindres.
La puissance est certes au rendez-vous, mais le freinage est beaucoup trop mordant, et si rien n’est fait à ce sujet, il y a des passagers qui vont se plaindre d’être serrés contre leur ceinture de sécurité… Enfin, la transition entre les deux motorisations est imperceptible, et le V6 sait souvent se taire jusqu’à 40 km/h, à condition que l’on soit très, très gentil avec l’accélérateur.
Touareg un jour, Touareg toujours…
Avec cette deuxième génération de Touareg, l’hérédité est sauvée, esthétiquement parlant. On reconnaît l’utilitaire au premier coup d’Å“il, avec, en prime, des concavités qui ornent les portières et donnent un air plus musclé, plus contemporain, au véhicule. Par contre, la nouvelle grille (mince) de Volkswagen manque ici de punch. Vite fait, on dirait soit une grosse Golf soufflée, soit un Touareg écrasé…
Quelques mots sur l’habitacle: luxe, grande classe, assemblage irréprochable et insonorisation de qualité, bref de quoi lancer le Touareg contre la concurrence des marques de luxe qu’il entend affronter. De plus, avec un empattement allongé de 38 mm, les genoux profitent à l’arrière d’un dégagement qui a presque doublé – c’est majeur.
Nous lui accordons une note de 10/10 pour les sièges (redessinés) hyperconfortables, et par rapport à l’actuelle génération, le tableau de bord est plus dégagé (ô bonheur!), avec moitié moins de commandes à manipuler. Si tout va bien, le système «start-go», qui éteint le moteur au cours des arrêts en circulation, nous sera proposé quelque part en 2011, et ce, pour toutes les versions V6, hybrides ou pas. Voilà qui réduira de belle façon la consommation du véhicule qui, s’il a perdu quelque 200 kg durant le changement générationnel, fait quand même osciller la balance à plus de deux tonnes…