Les jeunes perdent des points (d'inaptitude)
Autant au Québec que partout sur la planète, les jeunes conducteurs sont surreprésentés dans les accidents de la route. Dans la Belle Province, même si les 16-24 ans ne constituent que 10 % des automobilistes, ils ont formé en 2009 le quart des conducteurs impliqués dans un accident avec blessés.
Même surreprésentation du côté des contraventions: les jeunes récoltent la moitié des constats d’infraction pour excès de vitesse ou action imprudente, étant même les auteurs, deux fois sur cinq, des excès à grande vitesse (plus de 45 km/h au- delà de la limite permise).Tous les jeunes ne sont pas des fous du volant, bien sûr. Mais question de sanctionner plus rapidement et plus longuement ceux qui ont des comportements à risque, le gouvernement a décidé de ne plus les laisser accumuler 15 points d’inaptitude.
À partir du 19 juin, les moins de 23 ans n’auront donc droit qu’à un cumul de 8 points, et les 23-24 ans, de 12 points, avant de perdre leur permis.Pas question de droit acquis: le régime s’applique à tous les moins de 25 ans, même à ceux qui, déjà, ont cumulé plus de points d’inaptitude que le nombre auquel ils auront dorénavant droit. Ceux-là recevront de la SAAQ une lettre les avisant que la prochaine infraction entraînant des points d’inaptitude leur fera perdre leur permis pour trois mois, six mois, voire un an, selon la sanction.
Ces nouvelles mesures, qui constituent en quelque sorte une phase intermédiaire après le permis probatoire (toujours à 4 points, celui-là), ont été notifiées il y a trois ans, dans la foulée de la loi 42 (pensez cours de conduite obligatoires, pneus d’hiver, radars photo et interdiction du cellulaire au volant). Les moins de 25 ans ne sont pas surreprésentés dans les accidents et les contraventions : en 2009, ils ont aussi constitué le tiers des personnes qui ont perdu leur droit de conduire après l’atteinte de 15 points.
Gageons qu’avec moins de latitude, la situation sera encore pire après le 19 juin. Car ces points autrefois appelés «de démérite» s’accumulent rapidement. Un arrêt «manqué»? Trois points. Parler avec son cellulaire à la main au volant? Trois points. Conduire à 150 km/h sur l’autoroute? Cinq points. À 180 km/h? 14 points. À ceux qui choisiront de conduire sans permis, sachez que cette infraction coûte entre 600 $ et 2 000 $, plus les frais. Oh, et un petit détail : le véhicule peut être saisi pour 30 jours.
Tolérance zéro
Sécurité. Ces mesures ne seront pas les dernières à affecter les jeunes. D’ici juin 2012, le Québec imposera la tolérance zéro à tous les conducteurs de moins de 21 ans en matière d’alcool au volant. Espérons que lorsqu’on analysera les statistiques routières dans quelques années, les objectifs visés par l’implantation de ces règles seront atteints : réduire les accidents et les décès impliquant les jeunes conducteurs.
Sans quoi le gouvernement, sous l’impulsion de la Table de concertation sur la sécurité routière, pourrait bien envisager autre chose. Comme de restreindre, à l’instar de l’Ontario, le nombre de jeunes à bord d’un véhicule conduit la nuit par un novice.
Plus de renseignements, rendez-vous sur le site de la SAAQ