Pas à jeun, les chauffeurs désignés
La stratégie du chauffeur désigné a beau porter fruit auprès d’une certaine clientèle, il semble que cette notion soit prise à la légère par certains des participants. En fait, selon une étude publiée dans le Journal of Studies on Alcohol and Drugs, près de 40% des conducteurs désignés consommeraient de l’alcool.
Basée sur des entrevues avec plus de 1071 clients de bar, dont 165 ont confirmé être des conducteurs désignés, l’étude a démontré que les volontaires ne dépassaient que rarement le taux d’ébriété permis par la loi, mais étaient loin d’être à jeun.
Ainsi, du nombre, 17% ont enregistré un taux d’alcoolémie se situant entre 0,02 et 0,05%, alors que 18% excédaient le 0,05%. Rappelons que ce dernier seuil est celui qui est envisagé par plusieurs pays comme étant la nouvelle limite légale puisqu’on considère qu’elle est suffisamment élevée pour affecter la vision et les réflexes des conducteurs.
Autre détail intéressant, les plus jeunes conducteurs désignés semblaient les plus respectueux de leur mission, puisque la plupart étaient à jeun. Ce sont les chauffeurs désignés de 28 à 31 ans qui présentaient le taux d’alcoolémie le plus élevé.
Le problème le plus important est la perception des volontaires. Ces derniers ont affirmé que puisqu’ils ne se sentaient pas en état d’ébriété, ils étaient aptes à remplir leur rôle. Aucune étude similaire n’a encore été faite au Canada.
