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Lexus IS F: une bête qui s'apprivoise

Un V8 de 416 chevaux dans une Lexus? Oui, et dans une Lexus compacte, de surcroît. La série IS vient en effet de s’enrichir d’une version de performance qui veut faire des pieds de nez aux canons de la catégorie, les BMW M3 et Audi RS4. La IS F réussit-elle? Presque…

La première «F» chez Lexus, mais sans doute pas la dernière, est d’allure discrète et réservée. Mis à part une calandre exclusive, un capot renflé pour accueillir le gros V8, une garde au sol abaissée, des prises d’air latérales et un quatuor de diffuseurs arrière, l’on ne peut se douter que la berline nipponne recèle une version adaptée du V8 (5,0 l) de la grande sÅ“ur LS.

À bord, le 0-100km s’effectue sous les cinq secondes (!), dans un grondement guttural tout à fait jouissif.

Les accélérations sont puissantes, même si elles doivent ébranler une masse qui fait osciller la balance à 2 113 kg. Ces accélérations sont livrées par une séquentielle qui fait monter ses huit rapports au volant – la première boîte du genre au monde, assure-t-on!

Stable
Sur le circuit de Calabogie en Ontario, la IS F a remarquablement montré de quel bois elle se chauffe. Sa plus grande vertu réside dans son système de stabilité qui, lorsque programmé en mode sport, accorde une grande intelligence de conduite, même à ceux qui ne le méritent pas.

Des collègues masculins qui aiment partir en tête à queue lors d’une fâcheuse manÅ“uvre (!) diront que le dispositif est trop agressif. Personnellement, je le considère comme la plus belle réussite de cette propulsion. Il permet un comportement routier prévisible, voire infaillible, et les virages s’amorcent à vitesse plus élevée que pressenti – et plus que ne peuvent le supporter les pneumatiques. Dans l’ensemble, on se croirait au volant d’un bolide muni d’une traction intégrale, ce qui n’est pourtant pas le cas.

Par contre, j’admets que la direction n’a pas cette âme de coureuse. Certes, elle est précise, de bonne résistance et s’adapte aux différentes conditions de conduite, selon qu’on se les brasse en piste ou qu’on se balade en toute quiétude dans la campagne. Mais il lui manque un dynamisme enlevant, un petit zeste de connexion avec la route – et vous savez pourquoi? Parce qu’elle est électrique. Une quasi-insulte pour une sportive!

Si la IS F se veut être une bête, elle en est une qui se laisse facilement apprivoiser. On ne me fera pas avaler que la clientèle d’une BMW M3 ou d’une Audi RS4 s’y penchera à tous les coups… mais ça sera tant pis pour eux : ils manqueront là une belle occasion de concilier sportivité, confort et équilibre.

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