Chevrolet Camaro 2010: Pas de vacances pour le rétro!
Il est très rare qu’une voiture qu’on déteste de prime abord réussisse à se faire aimer au point qu’on ne veuille plus en rendre les clés. D’habitude, on aime ou on déteste, point final. Mais comme disaient les Anglais rencontrés sur la route des vacances au Nouveau-Brunswick : cette Chevrolet Camaro, «it grows on you»…
Au départ, je n’étais pas tendre à l’égard de la nouvelle Camaro. Disparue des chaînes de montage de Boisbriand il y a sept ans, la sportive est revenue cette année dans un style qui mélange le passé au présent. Coudonc! On n’en avait pas terminé avec les tendances rétro?
Certes, avec sa calandre menaçante et ses lignes sculptées au couteau, la Camaro déplace de l’air, visuellement parlant. Surtout avec ce jaune canari à la «Transformer Bumblebee» qu’arborait notre version…
Sur notre appétit
Les premiers tours de roue du bolide nous ont pourtant laissée sur notre appétit. Peut-être parce qu’ils sont propulsés par le «petit» moteur V6 de 3,6 litres qui produit 304 chevaux? En temps normal, une telle puissance devrait générer des accélérations dynamiques, mais c’est sans compter les plus ou moins 1 750 kg de la voiture et la longue silhouette de presque cinq mètres qui repose sur une suspension (indépendante) beaucoup plus conciliante que ferme. Sur les cahots, l’arrière de la bagnole à propulsion a même tendance à se déporter, répercussion dans le volant en prime. Pour quelque chose de plus sport et de plus puissant, paraît qu’il faut se tourner du côté de la Camaro V8…
De plus, notre version était munie d’une transmission automatique, alors qu’un vrai coupé sport, c’est avec la boîte manuelle qu’on veut le piloter. Cette automatique propose le passage manuel de ses six rapports au volant. J’apprécie généralement le gadget, sauf qu’ici, les commandes sont désagréables à manipuler, et pour un peu, on les confondrait avec de vulgaires commandes audio.
Pas trop gourmande
Cela dit, au fil d’un périple de 2 000 km chez nos voisins néo-brunswickois, on découvre les mérites de cette boîte automatique, bien étagée et d’une douceur exemplaire.
Et puis, on aime les performances du moteur… côté consommation. Impressionnants, ces 8,7 L/100 km sur grand-route, de la part d’un muscle car américain. Vrai que c’est deux litres de plus qu’annoncé pour ce V6 à injection directe (bravo pour l’avancée technologique), mais avec un réservoir de 72 litres qui permet une autonomie d’au moins 750 km, c’est le bonheur des «nowhere» sans que ça coûte trop cher.
Sur les beaux lacets asphaltés qui mènent à St. Andrews by-the-Sea, la voiture s’est montrée lourde et massive à déplacer, mais l’ensemble a ravi pour ses qualités de cruiser. Certes, pas de «grr-grr» excitant sous le pied droit comme pour la Mustang – cette dernière est d’ailleurs nettement plus courte, plus épicée et plus sonore que la Camaro V6. De fait, ce qui résonne le plus à bord de la Chevrolet, ce n’est pas le moteur, c’est le système audio – au point d’en faire vibrer le rétroviseur central!
À la longue, la Camaro se laisse découvrir – et on l’apprécie plus qu’on aurait pu le supposer de prime abord. Ainsi, sa direction transmet bien les sensations de la route, et plus les kilomètres défilent sous les roues de 20 pouces, plus les regards admiratifs lancés par les autres automobilistes – qu’on capte malgré une visibilité pourrie tant à l’avant qu’à l’arrière – nous accrochent un grand sourire aux lèvres. Même les policiers se mettent de la partie, privilégiant l’avertissement plutôt que la contravention officielle… C’est tout dire!
Alors, on profite d’un autre bon succès des années 1960 à la radio satellite et on se dit que finalement, la tendance rétro, ça a encore bien du bon en vacances…