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Vintage ou new age, le retour en grâce du Polaroid et de la photo vraie

BUM/AFP/REELAXNEWS - BUM Interactif

(AFP) — Résistance au tout numérique ou simple retour aux sources, la photographie surfe sur la vague vintage et voit refleurir les vieux appareils argentiques ainsi que le mythique Polaroid, marque qui fête cette année ses 75 ans et a lancé une version numérique de son boîtier phare.

« Lo-fi » pour low fidelity, c’est ainsi que se définit cette photographie aux clichés bruts ou expérimentaux, bien loin des images parfaites issues d’appareils numériques sophistiqués ou du vintage artificiel de l’application Instagram dont les filtres patinent à l’envi les photos.

« Cet engouement pour le vintage prend sa source dans le mouvement Lomographie, dont les appareils emblématiques offrent une approche plus instinctive de la photographie », résume à l’AFP Jacques Hémon, directeur de l’Observatoire des professions de l’image.

Le « Lomo » — de la marque soviétique Leningradskoïe Optiko Mekhanitcheskoïe Obiedinenie (Union des Optiques et Mécaniques de St Petersbourg) — est un appareil argentique compact rudimentaire produit dans les années 1980. Son retour en grâce est à l’origine du mouvement « Lomographie », considéré comme un art photographique en soi et qui ne cesse de croître depuis une dizaine d’années.

Couleurs saturées, image floue, grain hasardeux, réglage manuel : leur signature expérimentale fait s’arracher à prix d’or les Lomo sur internet ou dans les brocantes, tout comme d’autres modèles d’époque devenus cultes, le Diana et le Holga, initialement commercialisés à Hong Kong et plébiscités par les puristes de la photographie « lo-fi ».

Même succès pour le Polaroid, légendaire boîtier-cracheur de photo papier, un des symboles des années 1970, qui « revient aussi sur le devant de la scène grâce à son image imparfaite imprimée dans la seconde, qui matérialise l’inspiration du moment », résume M. Hémon.

« On a beau être habitués aux photos imprimées, voir se matérialiser une image reste fascinant. Sans compter le charme et l’attrait pour une image qui pour une fois n’est pas sur un écran » d’ordinateur ou d’appareil numérique, selon lui.

Durant ses 75 ans d’existence, la Polaroid Corporation en a vu de toutes les couleurs : son fondateur américain Edwin H. Land commercialise dès 1948 un appareil au procédé unique de développement instantané, qui se vendra à plusieurs dizaines de millions d’unités dans le monde.

Mais la société s’endette, négocie mal le tournant vers le numérique et fait faillite en 2007. Une poignée de salariés de l’usine d’Enschede aux Pays-Bas refuse cependant de jeter l’éponge et rachète les machines pour relancer la production de films.

The Impossible Project est né : c’est sous ce nom que le collectif commercialise en 2010 ses premiers films, à la formule chimique revisitée, pour les appareils Polaroid.

Le succès est immédiat : 500 000 ensembles ont été vendus en 2010, et près d’un million en 2012. Cerise sur le gâteau, les films Impossible Project ainsi que de vieux appareils Polaroid remis en état sont à présent commercialisés par le site de Polaroid, la marque ayant été reprise en 2009 par des fonds d’investissement.

Et pour mettre d’accord photographes new age et vintage, Polaroid a lancé il y a quelques mois un appareil compact numérique intégrant l’impression papier instantanée… déjà en rupture de stock sur le site officiel.

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