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Entrevue avec Nicholas Negroponte: fondateur de One Laptop Per Child

Maggie Samways, Metro World News

L’inventeur, innovateur, créateur, professeur et visionnaire, Nicholas Negroponte, semble être un homme distingué et il l’est. Le fondateur de One Laptop Per Child, un organisme qui vise à développer un ordinateur portable solide et abordable (100$) pour les enfants des pays en voie de développement, est tellement emballé par son projet qu’il en parle a une vitesse incroyable, tout en trépignant sur sa chaise. Ce qui l’anime : les enfants, les ordinateurs et l’avenir.

En quoi consiste le programme One Laptop Per Child (OLPC) exactement?

Ce n’est pas un projet d’ordinateurs portables, mais un projet d’éducation. La cible visée est vraiment les enfants, et dans une large mesure, les enfants des pays en développement, qui bien souvent n’ont même pas d’école. Il s’agit en fait d’une espèce d’école dans une boîte, avec laquelle les enfants peuvent jouer, construire des choses, communiquer avec d’autres enfants, collaborer et parler avec des enfants d’ailleurs dans le monde. Les enfants possèdent leur ordinateur, ils l’amènent à la maison, l’utilisent pour jouer, écouter de la musique ou n’importe quoi d’autre.

Ce que nous avons fait au départ, ç’a été d’aller voir les gouvernements de ces pays pour qu’ils achètent les ordinateurs pour les enfants. Mais maintenant, nous offrons aux gens d’acheter deux ordinateurs pour 399$, un pour eux et un autre pour un enfant d’un pays en développement.

Comment résolvez-vous la logistique dans les régions rurales qui n’ont pas accès à des réseaux internet?
Nous en mettons un en place. C’est une partie incluse dans notre programme, que nous faisons souvent en collaboration avec le gouvernement en place, qui possède, la plupart du temps, la compagnie de téléphonie locale. En Uruguay, c’est ce qui est arrivé, le gouvernement a rendu l’internet accessible pour chaque enfant.

Vous avez lancé ce programme il y a trois ans. Pouvez-vous évaluer les résultats comparativement à ce que vous espériez au départ? Vous vous êtes engagé à créer un ordinateur à 100$. Où en êtes-vous avec cet engagement?
Nous n’avons pas encore réussi à atteindre la modique somme de 100$, nous continuons à travailler là-dessus. Mais nous avons tout de même créé une compétition. Lorsque nous avons lancé le forfait «Donnez-en un, gardez-en un» à 399$, toutes les entreprises ont baissé le prix de leurs ultraportables (netbook) à 397$. Ce qui est très bien! Si nous nous mettons à le vendre 249$, ils devront vendre les leurs à 239$. J’estime que le marché mondial du portable sera à 50% dominé par les ultraportables l’année prochaine.

Comment vous sentez-vous face à cela? Ont-ils volé votre idée?
Non! Nous sommes comme le programme alimentaire mondial. On ne compétitionne pas avec MacDonald. Si un village peut supporter un McDo, donc le programme alimentaire ne devrait plus y être.

Qu’est-ce qui vous fait croire que cette technologie changera la vie de ces enfants?
Ce qui changera leur vie, c’est la passion d’apprendre. Laissez-moi vous donner un exemple très simple : chaque ordinateur peut contenir 100 livres. Si on donne 100 ordinateurs à un village, avec chacun 100 livres différents, ça fait 10 000 livres. Pour eux, c’est porteur d’espoir.

Pourquoi avez-vous besoin de promouvoir l’ordinateur personnel dans les pays en développement quand ces gens-là ont tellement d’autres besoins plus urgents à combler?
Je dis, substituez le mot ordinateur par le mot éducation. Si vous croyez que c’est de l’éducation, ce que nous faisons, personne ne pourra dire «laissez tomber l’éducation, ils ont de l’eau pure» ou «les soins de santé primaires sont plus importants que l’éducation primaire».

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