Les Canadiens craignent de faire des achats avec le cellulaire
Les Canadiens sont plutôt frileux à l’idée d’utiliser leur téléphone intelligent pour faire des transactions bancaires ou des achats en ligne. Près de 58 % d’entre eux se disent très préoccupés par la sécurité et la confidentialité des données en ligne, selon un sondage KPMG.
«Pendant très longtemps, les gens ont eu peur de mettre leur numéro de carte de crédit dans un site web, même quand les compagnies de cartes de crédit disaient qu’il y avait zéro risque, explique le cofondateur de Praized Média, Sébastien Provencher. À mon avis, avec le téléphone mobile, on est de nouveau obligé de se battre contre cette perception.»
Seulement 8 % des Canadiens font des achats en ligne dans des sites adaptés à l’appareil mobile, selon le sondage de KPMG. A contrario, aux États-Unis, où l’ habitude de commander des biens de consommation à partir d’un catalogue était bien ancrée, l’arrivée du commerce électronique n’a été qu’une suite logique, selon M. Provencher, et l’appareil mobile, un outil supplémentaire pour en faire.
Si les Canadiens n’utilisent pas leur appareil mobile pour faire des transactions, c’est que les applications sont rares, avance le directeur du contenu du site Branchez-vous, Carl Charest. «L’offre n’existe pas vraiment ou, du moins, elle n’est pas à la hauteur», dit-il. Par exemple, les institutions bancaires qui ont conçu des applications transactionnelles se limitent à la CIBC et à ING. Le Mouvement Desjardins a développé une application de son côté, mais elle permet à ses clients de trouver le guichet le plus près de l’endroit où ils se trouvent.
«Étant donné qu’il n’y a pas beaucoup de clients, les détaillants et les banques se demandent s’ils devraient investir leur temps, leur énergie et leurs ressources dans leur site web plutôt que dans les applications sur mobile», rapporte Sébastien Provencher. Dans un avenir rapproché, de plus en plus de gens feront du commerce électronique à partir de leur téléphone cellulaire, croit M. Provencher, mais ils continueront à faire la majorité de leurs achats dans des commerces locaux.