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Internet et facturation à l'utilisation: le CRTC fait fausse route

L’internet ADSL illimité est mort. En effet, les fournisseurs d’accès qui offraient encore de tels forfaits devront dès le 1er mars prochain facturer plus de 2 $ par Go à leurs utilisateurs après les premiers 60 Go consommés mensuellement. Si l’intention derrière la décision du CRTC est louable – désengorger les réseaux des grands fournisseurs -, les moyens empruntés le sont moins.

Il y a maintenant plusieurs années que de petits fournisseurs d’accès internet, comme Primus ou Colba.Net, louent une partie du réseau des grands fournisseurs comme Bell Canada et stimulent la concurrence grâce à des prix plus avantageux et des limites de téléchargements plus élevées. La nouvelle facturation à l’utilisation imposée par le CRTC répond à une demande de Bell Canada, qui juge maintenant son réseau trop chargé.

Trop bas, trop cher
Malheureusement, les limi­tes imposées par le CRTC ne semblent pas tenir compte de la nouvelle réalité et risquent carrément de nuire à l’industrie. Il est vrai que certains pirates abusaient du système en place. Mais avec la démocratisation des Netflix, YouTube et autres TOU.TV, un quart des utilisateurs consomment désormais plus de 60 Go par mois, selon les fournisseurs interrogés dans le cadre de cette chronique.

Non seulement la limite est donc trop basse pour n’affecter que les pirates, mais le prix exigé par le CRTC est disproportionné par rapport à ce que les gigaoctets supplémentaires coûtent vraiment (quelques sous tout au plus, selon les estimations). Malheureusement, si la décision du CRTC profite à Bell et aux grands fournisseurs en déchargeant leurs réseaux et en leur assurant de nouveaux profits, elle affectera négativement le reste de l’industrie.

Les petits fournisseurs voient notamment leur marge de manÅ“uvre diminuer, ce qui nuit à la concurrence dans le secteur (sauf quelques exceptions, comme Colba.Net, qui bénéficie à Montréal d’un réseau ADSL2+ non affecté par la décision). Les utilisateurs devront également y  penser à deux fois avant de s’inscrire à des services web comme la location de vidéos en ligne par Netflix ou le téléchargement de téléséries sur iTunes, ce qui devrait nuire à cette industrie naissante.

Une industrie qui devrait d’ailleurs, au cours des prochaines années, entrer en compétition directe avec les fournisseurs de télévision par câble et par satellite.

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