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Janie Béïque: ouvrir les portes de la finance aux femmes

Janie Béïque
Janie Béïque en 2012 (à gauche) et en 2022 (à droite). Photo: Gracieuseté

Elle aurait voulu être une artiste, mais a plutôt décidé de (re)dessiner le portrait de la société par le biais de la finance. En devenant la première femme PDG du Fonds de solidarité FTQ en pleine pandémie – façonnant au passage un comité de direction paritaire –, Janie Béïque est passée maître dans l’art du changement positif.

+ À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, on a ressorti le #10YearsChallenge des boules à mites. La série vise à célébrer l’ascension fulgurante de personnalités féminines inspirantes du Québec au cours des dix dernières années. Découvrez-en plus ICI. +

Comme il s’agit d’un #10yearschallenge spécial Femmes de tête, on fait un petit retour en arrière. Où étiez-vous il y a 10 ans et quels événements ont marqué vos 10 dernières années? 

«En 2012, je suis sortie de ma zone de confort!

Après trois ans en tant que vice-présidente responsable des sciences de la vie et des technologies de l’information, mon prédécesseur Gaétan Morin m’a confié le secteur manufacturier. Je suis donc passée de la «nouvelle économie» à des industries plus «traditionnelles».

Peu importe la taille d’une organisation, c’est important d’encourager une diversité d’expériences pour les personnes occupant des rôles de leadership dans les acquisitions. Ça leur permet de prendre de meilleures décisions et de mieux influencer le cours d’un dossier. Mes nouvelles responsabilités m’ont alors permis de mieux comprendre la réalité d’entreprises et de leurs travailleurs dans toutes les régions du Québec qui affrontent une compétition mondiale grandissante. Ça m’aura donc donné la chance de grandir dans l’organisation.

Personnellement, je faisais de mon mieux pour maintenir un équilibre travail-famille-vie personnelle.»

Quel effet ça vous a fait lorsqu’on vous a annoncé que vous prendriez la tête du Fonds de solidarité FTQ, devenant par le fait même la première femme occupant ce poste?

«Une grande fierté! Devenir présidente et cheffe de la direction du Fonds, ça me donne la chance d’en faire plus pour les Québécoises et Québécois qui n’ont pas de régime de retraite. Plus pour les travailleuses et travailleurs dans une économie en pleine transition, afin qu’elle soit juste. Plus pour lutter contre les changements climatiques qui transforment notre planète.»

Les femmes s’imposent de plus en plus dans le domaine des finances et je suis certain que vous en inspirez beaucoup à suivre vos pas. Comment assumez-vous votre rôle de leader?

«Effectivement, il a fallu commencer à paver la voie. Quand je suis devenue première vice-présidente des placements privés du Fonds, l’équipe ne comptait aucune autre femme en position de leadership.

Aujourd’hui, je suis fière de dire que j’ai nommé plusieurs femmes à des postes décisionnels au cours des dernières années, et que notre comité de direction est en zone paritaire, une première pour le Fonds. J’ai également grandement contribué à augmenter le nombre de femmes au sein des conseils d’administration de nos entreprises partenaires.

Quoiqu’il reste encore beaucoup à faire en matière d’égalité, d’inclusion et de diversité, on fait avancer les choses.

Mon rôle de leader s’exprime donc beaucoup dans l’action. Agir avec conviction et gérer avec authenticité.

J’espère en inspirer plusieurs, car le domaine de la finance est un milieu propice pour faire avancer la société.»

Quelle est l’implication dont vous êtes le plus fière?  

«C’est simple: le travail au quotidien des équipes du Fonds.

Le Fonds joue un rôle important pour le développement socio-économique et la retraite de centaines de milliers de Québécois. Chaque jour, par des petits et grands gestes, nos équipes repoussent les frontières du possible. Je suis fière d’être à la tête d’une organisation qui a la possibilité de faire une différence, jour après jour, dans la vie des travailleurs, entrepreneurs et épargnants du Québec.»

Votre modèle de femme?  

«Je vais chercher de l’énergie en pensant autant à des femmes connues qu’à celles qui mènent un combat dans l’ombre. Elles ont toutes des traits en commun: elles sont fidèles à leurs valeurs, et elles ont le courage d’aller au bout de leurs convictions.

Ce sont elles qui m’inspirent et qui m’impressionnent.»

Une chose que les gens ne savent pas sur vous? 

«Mon côté artistique! J’aurais aimé être artiste!»

Où vous voyez-vous dans 10 ans?

«Au cours de la pandémie, j’ai malheureusement connu dans mon entourage un incident de violence conjugale. Aujourd’hui, c’est la cause sociale qui me tient le plus à cœur.

J’entends profiter de ma tribune de présidente et cheffe de la direction du Fonds pour faire avancer la lutte contre la violence conjugale. Dans 10 ans, je veux être capable de dire que j’ai appuyé d’une manière concrète les organismes qui travaillent jour après jour à enrayer ce fléau.

En 2032, j’espère donc pouvoir dire que j’ai fait avancer les choses, tant au niveau du tissu économique, de l’épargne retraite et des questions qui me tiennent à cœur. J’espère surtout que je serai toujours dans une position pour continuer de le faire.»

Le Fonds de solidarité FTQ gère des actifs de 15 milliards de dollars et vient en aide aux entreprises québécoises.

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