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Rapport accablant contre le comité olympique canadien

Photo: Yves Provencher/Métro

La majorité des employés interrogés dans le cadre de l’enquête sur les agissements de Marcel Aubut au Comité olympique canadien (COC) ont dit avoir été victimes ou témoins d’actes de harcèlement sexuel ou personnel durant le mandat de l’ancien président de l’organisme.

Plus de 100 personnes ont participé au processus d’examen ouvert par le COC et mené par la firme d’experts en droit du travail Rubin Thomlinson.

Tricia Smith, présidente du COC, a annoncé que le conseil d’administration allait appliquer les huit recommandations du rapport de la firme, rendu public hier. «Nous avons maintenant un plan pour faire mieux, a-t-elle affirmé. Tout le monde aura des comptes à rendre, Chris [Overholt, chef de la direction du COC] et moi y compris.»

Le rapport a soulevé plusieurs problèmes au sein du COC, notamment un manque de clarté dans la distribution du pouvoir entre le président et le conseil d’administration. Cette lacune a permis «à l’ancien président d’exercer un contrôle important. Les gens ne croyaient pas avoir le pouvoir de faire des changements», a reconnu Mme Smith, une avocate de Vancouver et une ancienne médaillée olympique.

L’organisme veut aussi que ses employés soient davantage familiers avec sa politique de harcèlement et qu’il soit plus facile pour eux de faire part de leurs préoccupations sans devoir déposer une plainte officielle.

Rapport désastreux
Julie Miville-Déchêne, présidente du Conseil du statut de la femme, a qualifié le rapport de «désastreux» pour le COC.

«Depuis au moins quatre ans, sinon plus, une véritable loi du silence régnait au comité olympique, ce qui fait que les femmes, sans doute, avaient peur d’être les victimes de Marcel Aubut et personne n’osait rien faire et rien dire. Ceux qui auraient dû intervenir, qui étaient en poste de pouvoir, ne l’ont pas fait», s’est-elle désolée.

«Nous avons laissé tomber nos employés. Je m’excuse» – Tricia Smith, présidente du Comité olympique canadien

Manque de conséquences
Amélia Salehabadi-Fouques, avocate spécialisée en droit du sport et ancienne membre du conseil d’administration de Soccer Canada, qui avait aussi dit avoir été une des victimes de Marcel Aubut quand le scandale a éclaté, s’est étonnée de l’absence de conséquence pour les gens impliqués dans cette affaire.

La Montréalaise, qui affirme ne pas avoir été interrogée durant le processus d’examen, demande la tenue d’une enquête en plus du rapport de recommandation. «J’avais envoyé des lettres à Mme Smith et au cabinet d’avocats qui s’occupait du rapport pour leur dire que j’avais parlé à trois membres du conseil d’administration, a-t-elle dit en entretien avec Métro. Ils savaient et ils n’ont rien fait. Ils sont responsables devant ces femmes qui ont souffert.»

Elle a également évoqué la possibilité pour les victimes d’intenter un recours collectif contre le COC et Marcel Aubut.

Le dossier Marcel Aubut
Marcel Aubut a été élu à la présidence du Comité olympique canadien (COC) en 2009.

Il a quitté ses fonctions en octobre dernier à cause de l’enquête pour harcèlement sexuel dont il faisait l’objet. Déjà en 2011, le COC était au courant des allégations qui pesaient sur son président. Ce dernier avait d’ailleurs reçu une lettre le sommant de changer son comportement.

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