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COP17: un appel à l'action?

Elisabeth Braw - Metro World News

Plus de 20 000 dé-légués sont attendus en Afrique du Sud pour la conférence de Durban (COP17) qui s’ouvre lundi. Comme lors des rencontres précédentes des Nations unies, la mission sera de trouver des accords pour s’attaquer aux changements climatiques. Mais puisque la conférence de l’an dernier, à Cancún, a été qualifiée d’échec, la tâche s’annonce titanesque cette année.

«Les émissions de gaz à effet de serre doivent diminuer dans la prochaine décennie, sans quoi la Terre se réchauffera de plus de deux degrés, explique Bob Ward, expert sur le climat à la London School of Economics. Pour le moment, elles continuent d’augmenter. Puisque COP16 [à Cancún] n’a pas abouti à un accord, nous avons perdu un an.»

Les scientifiques prédisent des conséquences catastrophiques si la température grimpe de deux degrés.
Les chances de voir un accord survenir à Durban sont minces. «Il y aura probablement des progrès sur de petites problématiques, mais rien de majeur», avance le Dr Saleemul Huq, un expert de l’International Institute for Environment and Development basé au Bangladesh. «Le climat politique mondial actuel empêchera sans doute les dirigeants de parvenir à un accord majeur, poursuit-il. Même si Obama signait un traité, il y a fort à parier que ça ne passerait pas au Congrès. Et si les États-Unis ne bougent pas, la Chine ne bougera pas.»

Les pays en développement voient déjà de façon très concrète les conséquen­ces de l’inaction sur les questions du climat. «Ils ont déjà atteint le point de non-retour, explique le Dr Huq. Les récentes inondations au Pakistan et en Thaïlande sont directement liées aux changements climatiques. Nous sommes témoins de catastrophes naturelles jamais vues auparavant.»

Les experts souhaitent que tous ces phénomènes créent un sentiment d’urgence et forcent la main des acteurs présents à Durban. «La Chine représente une lueur d’espoir en ce moment, indique Bob Ward. L’Empire du Milieu ne si­gnera pas nécessairement de traité à Durban, mais elle réduit déjà ses émissions. La Chine a réalisé qu’elle gagnait sur le plan compétitif en investissant dans les technologies vertes.»

En résumé

  • COP15, à Copenhague, n’a abouti sur aucune avancée majeure, malgré de nombreux pourparlers.
  • À Cancún, lors de COP16, les pays se sont entendus pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Les pays riches ont accepté de verser de l’argent aux plus pauvres pour faciliter la transition.
  • COP16 a laissé un flou quant à l’après-protocole de Kyoto.
  • Le Canada, les États-Unis, la Russie et le Japon ont tous indiqué qu’ils ne respecteraient pas les engagements de Kyoto. L’Union européenne garde toutefois le cap.

Lire aussi: Les jeunes veulent se faire entendre

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