Une situation rocambolesque
Les usagers du transport collectif ont l’habitude d’entendre le chauffeur leur demander d’avancer vers l’arrière. Le fait de reprendre au début le processus d’appel d’offres pour les wagons du métro aura justement pour effet de nous faire avancer vers l’arrière.
Malheureusement, le pire est à craindre, car les enjeux sont multiples et les effets collatéraux seront très importants, sans compter qu’ils dépasseront largement le cadre de l’agglomération métropolitaine.
Quelle situation rocambolesque! Nous avons le privilège d’avoir ici, à Montréal, une compagnie, Bombardier, dont l’expertise et la réputation sont reconnues dans le monde entier. Cette compagnie emploie des milliers de travailleurs qui auraient dû normalement être déjà à pied d’Å“uvre pour entreprendre la production des wagons.
Il est pathétique de constater que d’autres travailleurs seront aussi durement touchés : tous ceux qui utilisent le transport collectif pour transiter entre leur résidence et leur lieu de travail. Ce sont ces mêmes personnes qui paient en grande partie, il ne faut jamais l’oublier, le métro et ses infrastructures.
Je ne connais aucun endroit au monde aussi maladroitement généreux que le nôtre; pourquoi aller à l’international alors qu’une de nos propres entreprises québécoises, leader mondial dans son domaine, est idéalement placée pour répondre à la commande en question. On veut sauver de l’argent, semble-t-il. Mais il faut être naïf pour penser ainsi. Pas nécessaire d’être un grand économiste pour comprendre que ce qui semble moins onéreux initialement coûte plus cher à la longue. Il nous suffit de penser au risque de voir les travailleurs perdre leur emploi. Quelle économie!
Il est encore temps de sauver la face. Il est nécessaire de revoir au plus tôt cette décision maladroite puisque le processus de soumission doit se faire à l’automne.
– Pierre Gagnier, maire de l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville