Bev Oda démissionne à la fin du mois
OTTAWA – Bev Oda démissionne de ses fonctions de ministre de la Coopération internationale et de députée après un printemps marqué par la controverse.
Dans un communiqué mis en ligne sur son site de députée, Bev Oda indique avoir informé le premier ministre Stephen Harper de son retrait de la vie politique il y a deux semaines. Elle quittera officiellement ses fonctions le 31 juillet.
La ministre s’était retrouvée dans l’eau chaude ce printemps pour des dépenses extravagantes encourues l’an dernier lors d’une rencontre internationale à Londres portant sur la vaccination dans les pays en développement. Elle avait refusé de séjourner dans un hôtel cinq étoiles et lui avait préféré un autre hôtel encore plus prestigieux, le Savoy, ce qui avait occasionné d’importants frais.
Mais c’est un jus d’orange à 16 $ payé par les contribuables lors de la même occasion qui l’a rendue célèbre et a frappé l’imaginaire des Canadiens.
Dans le communiqué publié mardi, la députée sortante de Durham n’explique pas les raisons officielles de sa démission. Elle salue cependant le «leadership» du premier ministre Stephen Harper et de son cabinet, et remercie son personnel et ses collègues de la Chambre des communes et du Sénat.
«En tant que ministre de la Coopération internationale, j’ai eu l’occasion d’être témoin des épreuves auxquelles sont confrontés les gens les plus vulnérables et constaté la compassion des Canadiens pour ceux dans le besoin», déclare-t-elle dans son bref communiqué.
Stephen Harper reste lui aussi muet sur les raisons formelles du départ de Mme Oda, mais il la remercie dans un communiqué pour «son travail acharné et son dévouement».
«Depuis son élection au Parlement en 2004, Bev a contribué de façon importante à sa circonscription, sa province et son pays», note-t-il. Il poursuit en vantant son travail en faveur de la santé maternelle et infantile, ainsi que son leadership pour doubler l’aide à l’Afrique.
«C’est un bilan dont elle peut être fière», conclut le premier ministre.
Avant l’annonce du départ de Mme Oda, les rumeurs allaient bon train sur la colline parlementaire à Ottawa à l’effet que le chef conservateur s’apprêtait à remanier son cabinet dans les prochaines semaines. Selon plusieurs analyses, Mme Oda allait être écartée du cabinet, notamment en raison de la controverse entourant ses dépenses somptueuses.
La démission de Mme Oda rend un remaniement ministériel inévitable, fort probablement dans les prochaines semaines.
Autres controverses
D’abord élue en 2004, Bev Oda a été ministre du Patrimoine en 2006, avant d’être en charge de la Coopération internationale en 2007.
L’épisode de l’hôtel Savoy, qui a provoqué un concert de critiques de la part des partis d’opposition, n’était pas son premier faux pas.
Au printemps 2011, elle avait dû s’excuser pour avoir induit en erreur la Chambre des communes en inscrivant le mot anglais «not» (non) sur une demande de financement pour l’organisme Kairos. Elle avait ainsi laissé entendre que la recommandation de mettre fin au financement à l’organisme humanitaire provenait des fonctionnaires de l’Agence canadienne de développement international (ACDI).
Les frais de limousines de Mme Oda ont par ailleurs régulièrement fait les manchettes ces dernières années.