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Un week-end d’extrêmes à Osheaga

Photo: Yves Provencher/Métro

Vendredi, Osheaga affichait complet et, honnêtement, on n’a jamais vu autant de monde sur le site. Passer de la scène principale à la scène des arbres était une épreuve. De patience. Il nous a fallu presque 30 minutes pour aller de l’une à l’autre. On ne vous mentira pas, on a eu une petite pensée pour la première édition du festival, quand on circulait librement de Damian Marley à Kid Koala et à Flaming Lips, et que les vendeurs de bière se matérialisaient devant les spectateurs sans qu’ils aient à bouger, tadam.

Désormais, il faut faire la file pendant des lustres pour un drink ou un hot-dog. N’empêche. Une fois la p’tite poussée d’agoraphobie passée, il n’y a pas à dire, l’ambiance était là. Visiblement, beaucoup de gens de l’extérieur étaient également en ville. On a croisé des spectateurs venus de Halifax, de Toronto, d’Ottawa, de New York…

On a attaqué l’après-midi en allant voir les New-Yorkais de fun. Le chanteur Nate Ruess semblait extrêmement à l’aise sous le soleil éclatant et n’a pas manqué d’interpréter le succès We Are Young. Sur la plus petite scène des arbres, on a assisté à la sobre performance des Australiens des Jezabels, menés par Hayley Mary et sa belle voix.

Puis, on a tenté de se frayer un chemin vers les Islandais de Of Monsters and Men, mais la foule était si dense qu’on a écouté leur indie-pop sympathique de l’autre côté de la clôture qui entourait cette zone, avant de revenir vers la grosse scène de la rivière.

Bien nous en a pris, car les gars de Radio Radio s’y produisaient justement et ils étaient dans une forme olympique. Gabriel et Jacques Alphonse se donnaient à fond, tandis que le plus discret Arthur Comeau restait… plus discret. Beau moment. Les adorables Amadou et Mariam ont suivi avec leur rythmes afro-pop dansants. «Ça va chauffer! Ça va chauffer!» répétait la chanteuse malienne. Craquant.

On a néanmoins eu un petit pincement au cœur pendant le show des Franz Ferdinand qu’on aime tant. Alex Kapranos, qu’on a connu sautillant, explosif et contagieusement dynamique, laissait voir des signes de fatigue. L’étincelle était absente de cette performance. Même la merveilleuse ballade Walk Away avait des airs usés.

La donne a changé avec Florence + The Machine, qui a ensorcelé son public avec une prestation des plus intenses. La chanteuse britannique a pris possession de la scène, mais vraiment de toute la scène, avec ses mouvements dramatiques et ses expressions pétillantes. Ah! Le bonheur de voir un artiste heureux d’être là, ça n’a pas de prix!

Puis, la nuit venue, ce fut au tour des Français de Justice d’embarquer sur les planches avec leurs murs d’amplis et leur immortelle croix illuminée. Comme lors de leur dernière tournée, ils ont démarré avec le «pammm pa pammm» de Genesis, avant d’enchaîner les succès, dont D.A.N.C.E., Phantom, Civilization et We Are Your Friends.

Autour de nous, les commentaires n’étaient pas tous très enthousiastes, mais on l’avoue, en tant qu’inconditionnelle du duo, on a adoré le set que les taciturnes électro-rockeurs ont offert vendredi soir. Pas une grande évolution depuis la dernière fois qu’on les as vus, vers 2008, mais qu’importe. Ça rentrait au poste.

Jour 2
Samedi, la foule semblait moins dense, et les passages d’un coin à un autre, plus faciles. On a commencé la journée avec le show de Brand New, groupe grunge alternatif de New York, qui a attiré une trâlée de fans connaissant toutes les paroles par cœur et chantant fort avec le frontman, Jesse Lacey. Beau à voir.

S’en est suivi le retour très attendu des anciens grungeux de Garbage. Un retour qui a éveillé en nous des sentiments contradictoires. Alternant entre sourires éclatants et airs fâchés, Shirley Manson a remercié avec chaleur les fidèles pour leur soutien continu… puis a envoyé paître les autres. «If you’re not a Garbage fan, fuck you!» a-t-elle lancé.

On ne se l’est pas fait dire deux fois et, après avoir entendu Queer, le vieux succès de l’album phare de 1994, on s’est sauvée vers la scène des Piknic Électronik pour voir les Londoniens de SBTRKT (prononcez : Subtract). Une foule complètement démente dansait au son de leur dubstep mâtiné de funk et de house. Explosif.

On s’est ensuite délectée des old school Jesus and Mary Chain. Pour l’amateur de rock en manque de grosses guitares, ça faisait drôlement du bien d’entendre soudain tous ces murs de son.

La soirée s’est toutefois terminée sur une drôle de note avec la performance de Snoop Dog. Si on souhaite faire des comparaisons hip-hop, l’an dernier, Eminem, complètement sur la coche, comme on dit, a offert une prestation incroyable. Snoop, qui a eu une épiphanie lors d’un récent voyage en Jamaïque et s’est transformé en Snoop Lion, semblait samedi… comment le dire poliment? Flegmatique? Complètement dans les vapes?

Ceux qui avaient encore en mémoire son passage au parc Jean-Drapeau en 2010 n’en revenaient pas de la transformation. Lorsque nous avons quitté les lieux, il venait d’achever son succès Who Am I (What’s My Name),qui a néanmoins miraculeusement fait lever la foule.

Un dimanche… Sous la pluie d’Osheaga
Le parc Jean-Drapeau avait des airs de Coachella en cette fin de semaine.

En après-midi sur la scène principale, le rappeur Common a effectué un passage solide, suivi de Santigold qui, entourée de ses «hype girls», a fait sautiller ses fans.
Nous sentant d’humeur plus relaxe, nous avons quitté les lieux après une demi-heure pour ne pas manquer le tendre James Vincent McMorrow. Avec cœur et émotion, l’artiste folk a fait résonner ses douces chansons sous les arbres.

On a ensuite eu un gros coup de cœur pour les souriants et éclatants Shins. Rafraichissant!

Un peu plus tard, les chouchous canadiens de Metric sont montés sur scène. Il a toutefois fallu quelques chansons avant qu’Emily Haines et ses compagnons se réchauffent. Peut-être était-ce dû à leur nouveau disque, moins accrocheur? Reste que l’accueil des fans a été chaleureux; le show s’est terminé dans le bonheur, sur d’anciens hits.
Finalement, en clôture d’évènement, les Black Keys, rois de la soirée, ont fait honneur à leur titre.

Un Dan Auerbach qui semblait s’éclater à fond et un Pat Carney qui était en pleine possession de ses moyens nous ont offert une superbe leçon de rock et de blues.

À l’image de leur récent passage au Centre Bell, ils ont interprété de nombreux succès de leurs deux derniers disques, dont Howlin’ For You, Dead and Gone et Lonely Boy, ainsi que des morceaux plus anciens, comme Your Touch.

Au moment de mettre sous presse, les garçons d’Akron se lançaient dans une puissante Everlasting Light. Clore avec les Black Keys, c’est une finale en force garantie!

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