Éric Caire: Sonia LeBel endosse Legault
QUÉBEC — Ce qu’il est convenu d’appeler «l’affaire Éric Caire» continue d’empoisonner la campagne électorale du chef caquiste François Legault.
Vendredi, la candidate caquiste dans Champlain et figure de proue de l’équipe Legault sur les questions d’éthique et d’intégrité, Sonia LeBel, s’est portée à la défense du candidat de la Coalition avenir Québec (CAQ) dans La Peltrie, Éric Caire, dans l’eau chaude depuis trois jours, en endossant sans réserve la position de son chef François Legault.
Mais la sortie de Mme LeBel, lors d’un entretien à La Presse canadienne, n’a pas empêché les libéraux de Philippe Couillard de revenir à la charge pour accentuer la pression sur François Legault, sommé de fournir davantage d’explications et de rehausser ses standards éthiques.
Deux ministres, Gaétan Barrette et Véronyque Tremblay, de même que le candidat libéral dans La Peltrie, Stéphane Lacasse, avaient convoqué les médias pour semer le doute sur le respect des règles d’éthique dans un éventuel gouvernement dirigé par François Legault.
On apprenait cette semaine que M. Caire avait contracté un emprunt de 55 000 $ à un maire d’une municipalité située dans sa circonscription. Rabroué par la Commissaire à l’éthique et à la déontologie, qui estimait qu’il s’était placé dans une position d’apparence de conflit d’intérêts, M. Caire a remboursé le prêt.
Depuis, sans cependant exiger sa démission, les libéraux multiplient les questions à M. Caire et les attaques envers M. Legault, qui, selon eux, a une éthique élastique, ne respectant pas son credo de «tolérance zéro» sur les questions d’intégrité.
Le ministre Barrette demande à M. Legault de rendre public le contrat conclu entre le député et le maire de L’Ancienne-Lorette, pour connaître les détails des «conditions» associées au prêt. Il exige aussi que soit rendu public l’avis de la Commissaire à l’éthique.
«L’affaire Caire est une affaire qui n’est pas classée et qui ne doit pas être classée», a résumé M. Barrette.
Questionné à savoir si M. Legault devait montrer la porte à M. Caire, M. Barrette a répondu: «C’est une question qui est excellente, mais qui doit être adressée à M. Legault.»
Le chef caquiste a une éthique de «deux poids, deux mesures», a fait valoir la ministre Tremblay, une pour la CAQ et une pour les autres.
Le ministre Barrette a rappelé que l’Unité permanente anticorruption (UPAC) pourrait bien «se sentir interpellée» par ce dossier. «L’UPAC existe pour faire la lumière sur des problématiques de cet ordre-là», a ajouté M. Barrette.
Sonia LeBel:«Tout a été dit»
L’ancienne procureure en chef de la Commission Charbonneau, devenue depuis candidate caquiste, Sonia LeBel, ne partage pas du tout l’avis du ministre Barrette.
«Je ne pense pas qu’on est dans un cas de l’UPAC», a tranché l’avocate, lors d’un entretien téléphonique.
Mme LeBel, présentée par son chef comme la caution morale en matière d’intégrité lorsqu’elle a joint la CAQ en 2017, endosse sans réserve la position de M. Legault dans la controverse entourant Éric Caire.
Et elle ne serait pas mal à l’aise de siéger à côté de lui à l’Assemblée nationale.
«Le filet de sécurité qui a été mis en place a fonctionné», a-t-elle fait valoir, faisant référence à l’intervention de la Commissaire à l’éthique.
Cette dernière a été interpellée, «elle a émis des recommandations et elles ont été suivies» par le député, qui a admis son erreur et n’a retiré aucun avantage de la transaction.
«C’est ce qu’il faut retenir, selon elle. C’est ça qui est important.»
«Tout a été dit» dans ce dossier, selon la candidate, qui rappelle que les questions d’éthique «c’est plutôt une façon d’agir, une façon de vouloir gouverner, une façon de vouloir réfléchir».