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Difficile de survivre à l’ombre de la collusion

Photo: Métro

Plusieurs appels d’offres ont été analysés mercredi matin devant la commission Charbonneau par le témoin André Durocher d’Excavations Panthère. L’étude de cas a démontré à quel point il était difficile de survivre en affaires sur la Rive-Nord.

Par exemple, en mars 2006, pour un contrat sur la rue Victor, à Mirabel, l’entreprise Excavations Panthère s’était montrée intéressée par le projet et était allé chercher les plans. Quelques jours plus tard, elle a reçu un appel de Joe Borsellino qui venait de lancer une entreprise avec Yves Lalonde: Cyvex.

M. Durocher avait expliqué à Borsellino que Mirabel était situé dans son coin et qu’il soumissionnerait. Puis, il avait reçu un appel de Michel Lalonde, de la firme de génie-conseil Groupe Séguin. Michel Lalonde lui avait fait comprendre que ce serait bien qu’il se tasse pour laisser son frère, Yves Lalonde, et Cyvex, avoir le contrat.

M. Durocher avait refusé à nouveau. «On va s’en souvenir», lui aurait répondu Michel Lalonde, avant d’ajouter que si Excavations Panthère remportait l’appel d’offres il ferait annuler le contrat.

Excavations Panthère a effectivement obtenu le contrat et quelques jours plus tard, Mirabel a rejeté toutes les soumissions et le contrat a été annulé.

Pour un contrat de réfection de ponceaux de l’autoroute 640, M. Durocher a été frustré de constater qu’Infrabec avait obtenu le contrat à ses dépens. Le hic, c’est que l’appel d’offres exigeait que l’entreprise ait une norme ISO-2001. Infrabec possédait cette norme, mais a entièrement fait faire les travaux par l’entreprise CJRB, qui n’était pas certifiée ISO-2001.

M. Durocher a aussi insisté sur le fait qu’à aucun moment, il n’aurait accepté de se tasser pour l’entreprise de Lino Zambito, Infrabec. «Moi et Infrabec, on n’était pas des amis, on était des ennemis», a-t-il dit.

Pour un contrat d’une piste cyclable à Mirabel, évalué à 1,2 M$, M. Durocher avait reçu un appel de Guy Desjardins, de l’entreprise Desjardins Asphalte, qui lui avait demandé de se tasser. Il avait refusé et avait soumissionné à 1 M$. Desjardins Asphalte a obtenu le contrat avec une soumission à 600 000$.

Même si Desjardins Asphalte a sûrement baissé les prix pour obtenir le contrat, M. Durocher a avancé que c’est parce qu’il s’est tenu debout et a refusé de subir la collusion, que la Ville de Mirabel a économisé un demi-million de dollars.

Un autre contrat révèle les méthodes de travail des firmes de génie. Pour un contrat remporté par Excavations Panthère, M. Durocher découvre que les plans de la firme Dessau contiennent une erreur. Le terrain n’était pas en pas sable, mais en roc.

Panthère a donc réclamé 1 M$ pour la hausse de coûts des travaux et Dessau a refusé de payer. Un an et demi plus tard, Dessau lui aurait proposé de le rembourser avec des projets à venir. M. Durocher a refusé pour ne pas dépendre de la firme. La cour a finalement donné raison à M. Durocher.

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