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À cause de la grippe?

Pour provoquer, Marilyn Manson ne sait plus à quel saint se vouer. Après avoir exploité la religion, la violence et le sexe, le chanteur se tourne vers un domaine pour le moins inusité : la santé.

Mardi soir au Centre Bell, Marilyn Manson a affirmé être atteint de la grippe A (H1N1), rien de moins. Information véridique ou tentative désespérée de choquer? Nul ne sait.

Cette affaire a toutefois donné l’occasion à l’artiste de montrer l’étendue de son sens de l’humour. «Un docteur m’a dit que j’étais atteint de la grippe porcine. J’aurais dû m’en douter, parce que j’ai baisé avec un certain nombre de cochons par le passé!» a-t-il lancé aux 4 150 spectateurs en début de concert.

N’empêche que la présence du virus dans le système du chanteur pourrait peut-être expliquer son étonnant manque de dynamisme. Le roi de la controverse avait beau sauter aux bons moments, se frotter de façon suggestive contre les boîtes de son et craché en l’air – et en direction de l’audience – entre chaque chanson, le tout manquait cruellement de virulence… ce qui ne pardonne pas dans un concert de hard rock.

La mise en scène du spectacle, beaucoup moins élaborée que celle de sa précédente tournée, a aussi participé de ce sentiment de désenchantement.

En l’absence de toute forme de projection (ce qui est rarissime pour un spectacle au Centre Bell), Manson comptait sur une poignée de changements de costumes (casquette de police, chapeau haut de forme, micro en forme de couteau de boucher), quelques drapés et un peu de boucane pour recréer l’univers à la fois sombre et troublant qu’il s’efforce de cultiver depuis 15 ans. Rien de bien spectaculaire, on en convient.

Soulignons aussi que la majorité des titres joués pendant sa prestation de 90 minutes était tirée du décevant The High End of Low, un album paru en mai et oublié en juin.

Malade ou pas, Manson a néanmoins réussi à nous convaincre de sa pertinence à quelques occasions, no­tamment pendant la menaçante The Dope Show, où il s’est pavané comme une vulgaire star de cinéma sous un projecteur sur pied.

La finale, sur l’air de la toujours aussi entraînante Beautiful People, a aussi réussi, grâce à une pluie de confettis, à soulever le public.

Soigne-toi bien, Marilyn.

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