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FIFA: l'art ouvert à tous

Avec une program­mation composée de documentai­res sur Karkwa, Iggy Pop, Eric Clapton et autres Jane Birkin, le Festival international du film sur l’art (FIFA) s’avère moins pointu qu’on le croyait. Il s’agit là d’un préjugé que les organisateurs de l’événement s’efforcent de combattre depuis bientôt trois décennies. «L’art, ce n’est pas un truc élitiste», dit René Rozon, directeur général et fondateur de ce rendez-vous montréalais dont la 29e édition débute ce soir à Montréal.

M. Rozon se défend d’avoir pigé dans le répertoire populaire dans le seul but d’assurer le succès du festival au guichet. «Si on peut attirer des gens avec des films sur des artistes connus, tant mieux, mais on les montrerait de toute manière parce que ce sont de grands noms qui ont fait leur marque sur la scène culturelle et qui continuent de le faire.»

Avis aux amateurs de statistiques en tous genres, 227 films provenant de 22 pays seront présentés dans 9 points du centre-ville au cours des 11 prochains jours. Au menu, des biographies, des portraits, des reportages, des hommages et des enquêtes.

Sur les traces de Margue­rite Yourcenar, de la réalisatrice chilienne réfugiée au Québec Marilù Mallet, ouvrira le volet compétition du FIFA ce soir au Musée des beaux-arts de Montréal. Trois autres productions canadiennes concourront jusqu’au 27 mars : Dix fois dix, un portrait du peintre allemand Otto Dix signé Jennifer Alleyn, Saint-Denys Garneau, dans lequel Jean-Philippe Dupuis propose un regard sur l’aventure du poète, et Winds of Heaven : Emily Carr, Carvers, and the Spirit of the Forest, une évocation lyrique de la vie d’une des artistes les plus connues au pays.

Parmi les autres films en compétition dignes de mention, citons Le mur de l’Atlantique, monument de la collaboration, où Jérôme Prieur lève le voile sur la construction d’un des bunkers de l’architecte d’Hitler; Jean Paul Gaultier ou les codes bouleversés, consacré au célèbre styliste français qui a révolutionné la mode, et The Picture of the Napalm Girl, qui relate l’histoire de ce cliché d’une Vietnamienne de neuf ans, symbole de la cruauté de la guerre, qui a ému le monde entier en 1972 et qui a valu à son photographe le prix Pulitzer. On s’en voudrait aussi de passer sous silence Oliviero Toscani – The Rage of Images, un portrait du photographe qui s’est fait connaître par des publicités provocatrices, dont celles de Benetton où on pouvait voir un prisonnier sur le point d’être exécuté.

Autres curiosités, Isabelle Rossellini – My Wild Life, où l’actrice et mannequin évoque sa carrière et amène le spectateur sur les lieux de son enfance, et Il était une fois… L’empire des sens, qui raconte la genèse du récit érotique de Nagisa Oshima qui, dans les années 1970, était perçu comme le film le plus osé de l’histoire.

FIFA

Jusqu’au 27 mars

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