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Les sucreries de Katy

Marc-André Lemieux - Métro

Une forte odeur de barbe à papa régnait au Centre Bell samedi soir. À qui le blâme? Certainement pas aux concessions alimentaires. Même si leurs machines à cotton candy avaient fonctionné durant toute la journée, elles n’auraient jamais réussi à produire un assez gros volume de cette confiserie colorée pour rivaliser avec celui manufacturé par Katy Perry et son équipe de tournée.

De passage à Montréal dans le cadre de son California Dream Tour, l’Américaine de 26 ans a offert une performance sucrée à tous points de vue. Des décors à la musique, en passant par les chorégraphies et les costumes, le spectacle de la jolie brunette affichait un taux élevé de glucose. Diabétiques s’abstenir.

Katy Perry est apparue sur scène entre deux bouquets de sucettes géantes, quelques secondes après avoir tenu la vedette d’un mini film inspiré à la fois d’Alice au pays des merveilles, du Magicien d’Oz et de Charlie et la chocolaterie. Vêtue d’une robe ornée de virevents, la chanteuse a emprunté des escaliers faits en cannes de bonbon pour aller rejoindre ses huit danseurs au son de la pièce-titre de son deuxième album, Teenage Dream. On se serait cru dans un épisode du Village de Nathalie. Entre les images de crémage, de jujubes et de caramel, les tons pastels et les rythmes enjoués, ne manquait plus qu’une délégation de Calinours pour transformer le tout en une émission jeunesse du dimanche matin.

C’est d’ailleurs ce qu’on reproche aux premières 60 minutes du concert: trop Annie Brocoli et pas assez Katy Perry. La star misait tellement sur l’esprit bon enfant du concert qu’on avait parfois l’impression qu’il s’adressait exclusivement aux fillettes de huit ans (qui ne composaient qu’une partie de l’auditoire).

Heureusement pour les adultes présents dans la salle, la jeune femme a fini par exposer sa vraie nature… à petites doses. Mouvements de micro suggestifs pendant la peu subtile Peacock, petite conversation coquine avec une danseuse déguisée en machine à sous avant Waking Up in Vegas (entre «slot» et «slut», il n’y a qu’un pas), tango sensuel 100% féminin pendant I Kissed a Girl, dégustation d’un «spécial brownie» avant Ur so Gay et costume de Catwoman pour Circle the Drain.

Car Katy Perry a beau cultiver un goût prononcé pour les costumes excentriques, elle le fait avec un sens de l’autodérision et de légèreté qui échappe souvent à ses congénères déguisées, à commencer par Rihanna et Lady Gaga. Alors que la première joue la carte du sex-appeal à outrance, la seconde se prend tellement au sérieux qu’elle semble avoir relégué le plaisir aux oubliettes.

Visiblement consciente que sa pop – quoique très accrocheuse – ne révolutionne rien, Miss Perry ne se prend pas la tête et se contente de divertir, ce qu’elle réussit à merveille. Qu’elle soit haut perchée sur une balançoire couverte de pétales de fleurs (Not Like the Movies), debout sur une plate-forme mobile survolant le parterre (Thinking of You) ou en train de danser avec un gros chat en peluche (une curieuse mais sympathique reprise d’un vieux succès de Whitney Houston, I Wanna Dance with Somebody), la reine des palmarès amuse et s’amuse follement. Accompagnée d’un trio à cordes, elle se paie même le luxe de reprendre quelques-uns de ses classique karaoké préférés, dont Only Girl (in the World) de Rihanna et l’infâme Friday de Rebecca Black.

C’est d’ailleurs avec la même candeur qu’elle a mis un terme aux célébrations, entonnant tour à tour Last Friday Night (sans solo de saxophone, malheureusement), Fireworks (jusqu’au deuxième balcon, ses fans avaient les mains dans les airs) et California Gurls, bonhommes en pain d’épice, ballons de plage, confettis et bonnets de brassière en forme de chocolats Hershey inclus.

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